“Rompant son silence”, Benyamin Nétanyahou dénonce les violences de colons
Un militant britannique kidnappé, des journalistes d’une chaîne américaine attaqués en même temps que la dame qu’ils interviewaient, une maison prise d’assaut. Une série d’incidents samedi a poussé Benyamin Nétanyahou à “rompre son silence” sur la situation en Cisjordanie, constate Times of Israel.
“Je condamne avec force les actes de violence criminels commis dans les villages de Qusra et Jalud par une poignée d’émeutiers qui violent la loi, causent du tort aux colons respectueux de la loi, empêche l’armée de remplir ses missions et font du mal à l’image d’Israël dans le monde” , a réagi le premier ministre dans un communiqué cité par le Jerusalem Post.
“Une réprimande rare” , souligne Al-Jazeera mais “la férocité de l’assaut” l’a incité à réagir, commente le New York Times, tout en notant qu’il ne met en cause qu’ “une petite minorité” . Le quotidien américain parle de l’invasion d’une maison en construction par une douzaine de colons à Qusra, dans le nord de la Cisjordanie. Pas le premier incident du genre dans ce village ces dernières semaines, ajoute le journal.
Times of Israel s’attarde de son côté sur ce qu’il qualifie de kidnapping dans un village du sud de la Cisjordanie. L’homme enlevé, Finn Joughlin, est un Britannique venu pour de la “présence protectrice” . Il s’agit, explique le site, d’une activité “de plus en plus commune” pour tenter de soutenir les locaux par sa seule présence physique face aux “violences presque quotidiennes” des colons.
NBC raconte par ailleurs comment l’une de ses équipes a été attaquée par des colons masqués à Jalud, au centre de la Cisjordanie. Quatre journalistes interviewaient Aida Ahmed Abdullah, une habitante de 51 ans, quand une voiture grise aux plaques israéliennes s’est approchée d’eux. Quatre hommes en sont sortis pour les taper avec des bâtons et leur jeter des pierres dessus avant de remonter dans le véhicule.
Des opposants de Nétanyahou doutent toutefois de la sincérité de ses critiques. Ha’Aretz rapporte les propos de Gilad Kariv, député des Démocrates. “Un autre samedi, un autre pogrom à Qusra” , a-t-il commenté. “La condamnation de Nétanyahou ne veut rien dire et n’est rien d’autre qu’un subterfuge” , a ajouté le membre de la Knesset, assurant que les colons en question sont des “émissaires” du premier ministre. Ce dernier chercherait à générer de l’agitation pour en profiter lors des élections d’octobre prochain.
Son principal adversaire lors de ces élections s’appelle Gadi Eisenkot. Il considère que les actions des colons sont “le résultat d’une politique gouvernementale menée par Nétanyahou et les partenaires de sa coalition” .
Times of Israel indique qu’en effet, “le gouvernement Nétanyahou a offert fonds et protections à ces communautés” tandis que le pays a été critiqué “pour ne procéder que rarement à des arrestations dans les cas de violences commises par des colons avec des inculpations et des condamnations encore moins fréquentes” .
Un constat partagé par le New York Times .
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