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Travail : pourquoi les moins bons passent parfois devant les meilleurs

L'Express ·
Travail : pourquoi les moins bons passent parfois devant les meilleurs

Un pair mieux considéré que soi.

Si cette appréciation de la hiérarchie peut être acceptée lorsque le rival coche davantage de cases, elle est vécue comme arbitraire, comme un "fait du prince", par celui qui se sentait légitime à obtenir un meilleur poste ou des félicitations.

La comparaison sociale qui déclenche ce sentiment d’injustice lié à un manque de reconnaissance peut entraîner des conséquences désastreuses sur l’engagement et le bien-être psychologique du salarié, mais aussi sur l’image et la productivité de l’entreprise.

Mais qu’est-ce qui provoque cette différence de traitement de la part d’un chef qui favorise parfois "un mauvais", jusqu’à le promouvoir, sans même un regard pour le meilleur ? Une irrationalité tenace Il y a plusieurs explications, liées au "nul", au décideur ou à leur rencontre.

Commençons par l’effet Dunning-Kruger , mis en évidence par deux psychologues en 1999.

Le besogneux (adjectif dévalorisant) doit sa disgrâce à un pair incompétent, qui surestime ses capacités, affichant une assurance susceptible d’anesthésier l’analyse rationnelle du manager.

Bluffé.

Conquis.

Épaté.

Si le chef est lui-même victime du syndrome de l’imposteur , cette assurance peut d’autant plus le rassurer qu’il doute de sa propre légitimité.

Les autres salariés restent spectateurs, sans possibilité d’intervenir dans ce duo où celui qui déborde d’aplomb et de certitudes l’emporte sur l’autre, fasciné.

Mais parfois, ce n’est pas le rapport de pouvoir inversé qui explique une telle promotion : les biais cognitifs entrent aussi en jeu.

Les décisionnaires doivent en effet composer avec leurs jugements spontanés, bien connus en psychologie cognitive.

Qu’est-ce qui les conduit à préférer un individu à un autre ? Le décideur peut notamment être influencé par un biais de similarité : genre, âge, parcours universitaire… "Les expériences menées par Kahneman et Tversky, entre autres, vont révéler que les individus utilisent des heuristiques [raccourcis mentaux, simplistes et souvent fondés sur l’intuition, NDLR] dans les jugements de probabilités, heuristiques qui mènent souvent à de multiples erreurs de jugement", souligne Frédéric Martinez, chercheur en psychologie sociale et spécialiste de la décision ("L’individu face au risque.

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