Actualité : La Nasa bascule dans l'ère nucléaire : son premier vaisseau interplanétaire à fission partira pour Mars dès 2028
La Nasa est résolue à entrer dans une nouvelle ère de l’atome. Le 8 octobre, l'agence nord-américaine a signé avec le département de l'Énergie (DOE) un accord destiné à accélérer le développement de systèmes nucléaires pour l'espace. Derrière les annonces de réacteur lunaire et de missions lointaines, un engin concentre déjà cette ambition : Space Reactor-1 (SR-1) Freedom, qui doit partir vers Mars fin 2028.
L'ère nucléaire de la Nasa va permettre d'aller plus loin, de fonctionner plus longtemps et de déployer des engins et instruments plus performants que jamais.
We’re getting America underway on nuclear power in space and ushering in the era of a Nuclear NASA. With the signing of an MOU with @ENERGY , we’re taking the next giant leap toward exploring the outer solar system and sending American astronauts to Mars. Fission power will help… pic.twitter.com/6L1HGTZLc6
Selon le big boss de la Nasa, SR-1 doit devenir “le premier engin interplanétaire à utiliser un réacteur à fission pour sa propulsion” . Après avoir échappé à la gravité terrestre, ce dernier devrait démarrer dans les 48 h et fournir l'électricité nécessaire à des propulseurs Hall , beaucoup plus économes en ergols que des moteurs chimiques. Le lancement est prévu en décembre 2028, lors d'une fenêtre de tir Terre-Mars qui ne se représentera pas avant 2031.
L'engin relève en réalité d'un recyclage spectaculaire : la Nasa compte réutiliser le Power and Propulsion Element (PPE), le module de propulsion de Gateway, station lunaire qui ne verra jamais le jour. SR-1 pèsera environ 12 tonnes et embarquera un réacteur à uranium faiblement enrichi à haute teneur (HALEU), capable de fournir 20 kW électriques.
“Notre programme nucléaire SR-1 ne consiste pas à réclamer des milliards pour une mission entièrement nouvelle , expliquait Isaacman en mars. Nous n'avons pas gagné le droit de faire cela après 20 milliards de dollars de programmes qui ont échoué.” La stratégie consiste donc à capitaliser sur le matériel déjà disponible avec un objectif délibérément ciblé : démontrer qu'un réacteur, un système de conversion électrique et une propulsion électrique peuvent fonctionner de concert, loin de la Terre.
SR-1 ne voyagera pas à vide. Son passager s'appelle SkyFall, à savoir trois petits hélicoptères martiens dérivés d'Ingenuity. Équipés de caméras et d'un radar à pénétration de sol, ils devront notamment cartographier le terrain et rechercher de la glace souterraine afin de préparer de futurs sites d'atterrissage habités.
Le réacteur de SR-1 n'est toutefois que la partie la plus spectaculaire de ce virage. Dès 2030, la Nasa souhaite aussi disposer d'un réacteur à fission sur la Lune, baptisé LR-1, pour alimenter une future base permanente. Et pour les mondes encore plus lointains, l’agence spatiale mise déjà sur une autre technologie atomique : les générateurs radioisotopiques.
Dragonfly, qui doit partir en 2028 vers Titan, la plus grosse lune de Saturne, sera ainsi alimenté et chauffé par un générateur thermoélectrique à radioisotopes (MMRTG) et 24 unités chauffantes radioisotopiques.
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