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Chère Union Européenne, je voudrais profiter à 100 % d’un produit que je paye 100 % de son prix : comment peut-on avancer ? Cordialement

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Chère Union Européenne, je voudrais profiter à 100 % d’un produit que je paye 100 % de son prix : comment peut-on avancer ? Cordialement

C’est devenu un réflexe. Avec les années, mon cahier des charges pour les smartphones s’est réduit à deux questions, parce que j’ai déjà résolu celle du prix : oui, je pense qu’un objet que j’utilise 6h par jour et qui est mon interface principale avec le monde numérique mérite que je lui attribue un budget élevé. Les deux questions sont les suivantes : est-ce que je peux l’emmener partout ? Est-ce qu’il fait de bonnes photos à ma place ?

La première question a l’air simple, mais elle ne l’est pas tant que ça, parce que « partout » a changé de sens depuis que j’ai un enfant. Partout, ça veut dire une randonnée en montagne, une sortie vélo sous la pluie, une plage avec du sable, une séance de course où l’appareil rebondit contre ma cuisse pendant 90 minutes, une poussette où le téléphone se fait attraper par des mains qui n’ont aucune notion du prix des choses, de la terre et de la poussière quand je dois ramasser mon fils et que le smartphone tombe de ma poche, des liquides divers lors d’un concert de métal ou une finale de Coupe du Monde, etc.

Un objet qui ne survit pas à ça n’est pas un objet du quotidien, c’est un objet de bureau, de salle d’attente, d’intérieur ou de personnes qui ne prennent que le taxi. C’est très bien, mais ce n’est pas moi, j’ai une vie un peu plus turbulente que ça.

L’iPhone Duo mesure 5,4 pouces plié, ce qui est une excellente nouvelle : Apple redécouvre enfin les formats de poche qu’il avait enterrés avec le mini. Sauf que ce format compact contient une charnière, deux dalles et un mécanisme mobile. Apple a passé plus de temps sur scène à parler de titane grade 5, de fibre de carbone et de couches nanométriques qu’à parler de photographie et je comprends parfaitement pourquoi : quand vous vendez un objet pliant à ce prix, la seule angoisse du client est de savoir si ça va casser. Je pense qu’Apple a fait le travail, mais le format est, par essence, moins résistant qu’une brique rectangulaire.

La seconde question, c’est la photo, et là je vais être honnête sur mon niveau : je ne suis pas très bon. Je cadre mal, je shoote trop vite, je ne retouche jamais. Ce que je demande à un téléphone, c’est de compenser mon incompétence – c’est exactement pour ça que j’ai toujours adoré les Pixel de Google. Sur mon 17 Pro, le zoom 4x et le zoom 8x ont transformé ma pratique. Ce sont eux qui m’ont donné mes seules photos correctes des deux dernières années : j’adore leur grain, leur manière de créer tour à tour de la perspective ou d’aplatir un paysage. Vraiment, je pense que je passe le plus clair de mon temps avec ces deux modes. Je hais l’ultra grand angle, sa qualité désastreuse et ses déformations.

Mais voilà, le Duo n’a pas de téléobjectif. Deux capteurs 48 mégapixels, pas de zoom optique, et Nico, qui l’a eu en main hier, note qu’il n’a ni l’ouverture variable, ni le mode pro, ni les nouveaux effets cinématiques du 18 Pro. Pire encore : il semblerait que le capteur principal soit celui de l’iPhone 17e ! Donc encore plus cheap que l’iPhone 17 normal. Autrement dit, l’iPhone le plus cher jamais vendu par Apple est aussi celui qui compense le moins mes défauts de photographe.

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