La France et l'Allemagne trouvent un accord provisoire sur l'avenir de l'industrie automobile
La France et l’Allemagne ont trouvé jeudi un accord provisoire selon lequel Paris ferait des concessions supplémentaires sur les émissions de CO2 des voitures, confirmant l’abandon du tout-électrique. En échange, Berlin accepterait une préférence européenne resserrée pour l'industrie automobile, face à la concurrence chinoise.
Par : FRANCE 24 La France et l' Allemagne ont trouvé un accord provisoire pour préserver l'avenir de l'industrie automobile européenne, avec une ambition réduite sur le plan environnemental, mais un "Made in Europe " renforcé, ont indiqué des sources diplomatiques, en marge d'un sommet européen jeudi 15 octobre à Bruxelles.
L'AFP a eu accès à un document négocié entre les deux capitales, et qui attend encore un ultime feu vert du parti social-démocrate (SPD) au sein de la coalition allemande. Selon ce texte, la France fait des concessions supplémentaires sur les émissions de CO2 des voitures, ce qui confirme le renoncement des Européens à passer au tout-électrique en 2035 .
Et l'Allemagne accepte une définition plus stricte de la préférence européenne, qui consiste à obliger les entreprises bénéficiant de fonds publics à se fournir en composants fabriqués en Europe ou dans certains pays partenaires.
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Cette logique du "Made in Europe", une forme de protectionnisme, serait réservée à la production au sein des Vingt-Sept et chez des partenaires proches comme la Grande-Bretagne, la Norvège ou la Suisse. Si la mesure est confirmée, c'est "une bonne nouvelle pour l'industrie automobile britannique", a salué Londres.
Cet accord devrait permettre à l' Union européenne d'avancer sur son "paquet" automobile et sur sa législation sur la préférence européenne, en train d'être négociés entre les Vingt-Sept et au Parlement européen. Pour y parvenir, Paris a validé des flexibilités supplémentaires pour les véhicules thermiques, que réclamait Berlin afin de préserver sa puissante industrie automobile.
Selon le document, les industriels devront baisser leurs émissions de CO2 de 90 % en 2035, mais pas compenser les 10 % restants, contrairement à une proposition initiale de la Commission européenne. Ce texte justifie cette concession par "l'utilisation croissante de carburants" dits "renouvelables", dont les biocarburants.
La France et l'Allemagne entendent aussi assouplir une proposition de Bruxelles visant à électrifier les flottes d'entreprises, en demandant d'intégrer certains véhicules thermiques à faibles émissions. Un mécanisme de "supercrédits", qui était réservé aux petits véhicules électriques moins coûteux pour favoriser leur développement, serait en outre étendu aux voitures électriques de plus grande taille.
En échange, Berlin valide le principe d'une préférence européenne resserrée dans l'industrie automobile, dès 2028, afin de résister à la vague des véhicules chinois qui déferle en Europe.
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L'Allemagne a longtemps défendu un "Made with Europe" (fait avec l'Europe), élargi à de nombreux pays.
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