La création d'emplois, les petites entreprises et la mobilisation de capitaux privés : la Banque mondiale définit sa feuille de route, les objectifs climatiques ne sont plus au premier plan
Lors de la séance plénière de l'assemblée annuelle de la Banque mondiale à Bangkok, son président Ajay Banga a insisté sur la nécessité d'aider les pays en développement à créer des emplois à grande échelle, en misant sur des partenariats publi-privé. L'institution a prolongé sa politique sur le changement climatique mais supprimé des objectifs chiffrés sur les retombées liées au climat. Le président de la Banque mondiale, Ajay Banga, a présenté vendredi sa vision du fonctionnement de l'institution multilatérale, mettant l'accent sur la création d'emplois, les petites entreprises et la mobilisation de capitaux privés -- avant les objectifs climatiques. Depuis son arrivée à la tête de la Banque mondiale en 2023, l'ancien PDG de Mastercard défend une stratégie ambitieuse visant à lutter contre la pauvreté en s'attaquant à un déficit estimé à 800 millions d'emplois dans les pays en développement. Il a estimé vendredi, lors de la séance plénière de l'assemblée annuelle de la Banque mondiale à Bangkok, que le contexte économique actuel rendait cette mission difficile, mais pas impossible.
La Banque mondiale a annoncé le mois dernier avoir mobilisé un montant record de 112 milliards de dollars de capitaux privés en faveur des pays en développement, soit une hausse de plus de 60%, portant ces financements à un niveau presque équivalent à celui de ses propres prêts. Des organisations de défense des droits et certains critiques estiment toutefois que cette stratégie de mobilisation accrue de capitaux privés permet aux entreprises de faire porter au secteur public une partie des risques de leurs investissements, tout en conservant l'essentiel des bénéfices. Dans un entretien accordé à l'AFP le mois dernier, M. Banga avait affirmé que les capitaux privés devaient être considérés comme un complément, et non un substitut.
Il a identifié vendredi comme un véritable "défi" l'augmentation des investissements privés dans les pays à faible revenu, qui sont ceux ayant le plus besoin de financements pour leur développement. Selon lui, la stratégie de la Banque mondiale consistant à soutenir les micro, petites et moyennes entreprises (MPME) vise précisément à combler cette lacune.
Il a également évoqué une nouvelle initiative centrée sur la "petite IA", des applications d'intelligence artificielle conçues sur mesure, ne reposant pas sur les technologies les plus avancées et les plus coûteuses, mais capables d'apporter des solutions concrètes aux populations des pays en développement. Elles peuvent "aider un agriculteur à améliorer ses rendements, un enseignant à adapter son enseignement, un agent de santé à prendre des décisions plus éclairées ou un entrepreneur à atteindre de nouveaux clients", a-t-il présenté.
Sous sa direction, la Banque mondiale a pris ses distances avec une approche plaçant les objectifs climatiques au premier plan de l'ensemble de ses activités. L'institution a prolongé en juin pour une durée indéterminée sa politique sur le changement climatique, tout en supprimant des objectifs chiffrés sur les retombées liées au climat. M.
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