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Lourdes 2026, l’homélie du 16 août : « Aucun d’entre nous n’est hors d’atteinte du pardon »

La Croix ·
Lourdes 2026, l’homélie du 16 août : « Aucun d’entre nous n’est hors d’atteinte du pardon »

Jésus est en agonie, Marie est là au pied de la croix. Marie, en réalité, est sur la croix. Elle meurt de la mort de son fils supplicié, comment pourrait-il en être autrement ?

Dans un dernier souffle, un dernier regard pour sa mère, Jésus prend soin d’elle et la confie au disciple qu’il aimait : « voici ta mère » . Et à Marie : « voici ton fils » .

Dans ces dernières paroles Jésus se dépouille de ce qu’il a de plus cher, sa propre maman. De même qu’Il nous avait appris à dire « notre Père » à son Père du ciel, il nous apprend à dire « notre Mère » à sa mère de la terre.

« Tout est accompli », Jésus incline la tête et remet son esprit. C’en est fini. Nous savons cet instant du dernier souffle d’un être aimé. Tant qu’il y a un souffle fragile, la personne est là, même inconsciente, et en l’espace d’un instant, elle n’est plus là, c’est fini. En cet instant-là, au pied de la croix, que reste-t-il de l’espérance qui a habité le cœur de Marie, dans l’incompréhension parfois, depuis l’annonce faite par l’ange Gabriel ?

En fait, c’est au moment où il n’y a plus rien à espérer que commence le temps de l’espérance . Tant que nous pouvons espérer, nous sommes dans le temps de l’espoir, pas encore dans celui de l’espérance. Jusque-là, l’espérance est une idée, pas encore une réalité. Le désespoir n’est pas le contraire de l’espérance, le désespoir c’est le contraire de l’espoir ! Nos espoirs, nos réussites, nos rêves, notre quotidien qui occupe notre esprit et aspire notre temps sont en fait autant d’obstacles à l’espérance.

Chers frères et sœurs malades vous êtes, parmi nous, les premiers témoins, les gardiens, de l’espérance. Aucun, aucune de nous ne s’y trompe lorsque à Lourdes, mystérieusement, nous nous sentons soudainement différents, plus légers, plus nous-mêmes, plus heureux en votre présence, au point de garder dans le cœur la blessure de Lourdes et vouloir y revenir d’année en année. À votre contact, parce que vous êtes bien vivants envers et contre tout, capables de sourire et de rire, nous sentons cette vie imprenable, cette « invincible espérance » selon l’expression du bienheureux Christian de Chergé, le prieur des moines de Tibhirine . Pour beaucoup d’entre vous, la vie c’est l’espérance sinon rien, comme Marie, au pied de la croix, au moment où Jésus rend son dernier souffle.

Parmi toutes les croix que nous portons et sur lesquelles nous pouvons être crucifiés, deuils, séparations, échecs, maladies, handicaps qui nous plongent dans les bras de l’espérance, il est une que je voudrais évoquer une nouvelle fois à Lourdes d’une façon particulière en ce jour de sacrement des malades, c’est la culpabilité. Et pour cela, je voudrais aujourd’hui vous parler d’Obi dont la rencontre en prison m’a marqué.

Nigérian, père de cinq enfants dont un dernier qu’il n’a pas connu, il a été condamné en Algérie à quinze ans de prison. Il a accompli la moitié de sa peine, il lui reste encore sept années à faire sans grand espoir d’une remise de peine. Ce jour-là nous partageons sur la lettre de saint Paul aux Éphésiens : « Moi, Paul, qui suis en prison à cause du Christ, je le suis pour vous qui venez des nations païennes » (Ep 3,1).

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