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«Le matin, chez moi, il fait déjà 27 degrés»: à Aubervilliers, la canicule devient insupportable

RFI ·
«Le matin, chez moi, il fait déjà 27 degrés»: à Aubervilliers, la canicule devient insupportable

Alors que la France subit sa cinquième vague de chaleur de l’été, les habitants des îlots de chaleur urbain (ICU) - des quartiers denses avec peu d'arbres et de verdure - souffrent tout particulièrement des fortes températures. En région parisienne, les communes de Saint-Denis, La Courneuve et Aubervilliers sont les plus exposées.

À midi, Nadia rentre de son service de nuit à l’hôpital. Arrivée dans son immeuble d'Aubervilliers, elle emprunte le seul des quatre ascenseurs qui fonctionne encore. Le HLM date des années 1970...

Un long couloir dessert une douzaine d'appartements. Celui de la sexagénaire a l'inconvénient de donner côté rue uniquement. « Le soleil tape à partir de 7 heures et jusqu’à 19 heures », déplore-t-elle au micro de Marie Casadebaig . À peine l'appartement ouvert, la chaleur qui s'en échappe surprend par rapport à la relative fraîcheur du couloir.

Alors que la France traverse sa cinquième vague de chaleur de l’été, la situation devient particulièrement difficile à supporter pour les résidents, comme Nadia, qui habitent dans les îlots de chaleur urbain (ICU).

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Dans ces quartiers densément construits, bétonnés et avec peu de végétation et d’espaces verts, l’asphalte absorbe la lumière du soleil pendant la journée et piège la chaleur qui se répand ensuite lentement à la nuit tombée. Dans ces espaces, les températures nocturnes peuvent ainsi rester élevées. En journée, la chaleur y est décuplée.

« Je n’ai que mes doubles rideaux. Il n’y a pas de stores, pas de volets. Le matin, chez moi, il fait déjà 27 [degrés, NDLR] », raconte Nadia. Comme elle, sa voisine de 45 ans, Afida, rêve de déménager.

« On se sent piégés », déplore-t-elle. « Heureusement que j’ai la clim', c’est l'un de mes voisins qui me l’a donnée puisqu’il a vu que c’était un four. »

Alors que certains profitent de l’été pour fuir les trop fortes chaleurs, la précarité assigne certains habitants de ces quartiers à résidence, bien souvent dans des logements sociaux rarement adaptés à de pareilles chaleurs.

« Je viens d’un pays chaud mais je ne supporte pas la chaleur », remarque Nadia. « En Guadeloupe, dans les appartements, on peut faire des courants d’air, on peut s’abriter sous un arbre. »

« À l’époque, on avait un espace vert juste en bas », renchérit Afida. « Mais je n’ai pas compris pourquoi ils ont tout enlevé pour nous faire un espace en béton. Les mamans ne peuvent pas s’asseoir, les enfants ne peuvent pas jouer… » Ce même béton qui stocke la chaleur la journée et la dégage ensuite la nuit...

À Aubervilliers, après le coucher du soleil, il fait jusqu'à quatre degrés de plus que dans les communes limitrophes moins densément construites.

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