"On change de monde" : les CGO, ces experts en géopolitique qui parlent à l’oreille des grands patrons
La géopolitique s'invite de plus en plus dans le quotidien de certains managers.
Et avec elle, un nouveau profil se fait une place de choix : le Chief Geopolitical Officer (CGO) ou référent interne pour toutes les questions liées aux enjeux internationaux.
Colin Reed est l’un d’eux.
Titulaire d’un master en relations internationales de l’université de Georgetown et de deux licences de l’université de Caroline du Nord, il a d'abord occupé le poste d’analyste principal du renseignement au sein du gouvernement américain, avant de diriger des équipes spécialisées en géopolitique chez Salesforce.
Il est aujourd’hui CGO chez Clock&Cloud (qui conseille les entreprises en géopolitique), basée à Helsinki (Finlande).
Chacun de ses quatre collègues couvre une région du globe différente et dispose d’une expertise thématique spécifique.
"Notre rôle principal, explique-t-il, est d’aider les entreprises à comprendre l’impact de la géopolitique sur leurs activités.
Concrètement, cela consiste à analyser l’actualité et à établir des prévisions plausibles et défendables sur les conséquences possibles de ces événements, puis à évaluer l’impact que cela aura en termes de coûts ou de préjudices pour l’entreprise." Si une zone n’est pas sécurisée pour le transport maritime, il faut envisager le transport aérien ou prendre une autre route maritime.
Mais qu’en est-il pour les CGO français ? Profils divers Si la mission est la même, le titre se fait plus rare en France.
"Je suis dans un groupe où j’assure ces fonctions.
Il y a peu d’offres d’emploi sur ce type de profil", indique Yann Prod’homme, directeur sûreté et cybersécurité, qui met son expérience "au service de la sécurité globale du groupe (qu’il préfère garder anonyme) où il travaille.
Même ressenti d’Adrien Cherqui, secrétaire général de Chaos international (centre de recherche en relations internationales) : "C’est un symptôme très français qui empêche d’avoir plus de CGO, par la 'compartimentation' des rôles et la catégorisation des profils et expériences, alors que dans un monde globalisé, tout est lié." Leurs parcours sont différents.
Comme Colin Reed, Adrien Cherqui, qui a travaillé pour les secteurs public et privé, est passé par la voie littéraire : des études de science politique et d’histoire, puis deux masters en diplomatie et négociations stratégiques et en relations internationales.
"J’ai été le premier profil Sciences Po à intégrer le département cybersécurité d’Atos", sourit-il.
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