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Difficultés, fatigue, joie… Ces cavaliers atteints de troubles autistiques sont devenus des champions, ils se confient

Ouest-France ·
Difficultés, fatigue, joie… Ces cavaliers atteints de troubles autistiques sont devenus des champions, ils se confient

« C’est la seule équipe de cavaliers atteints de troubles autistiques à concourir à Lamotte » , souligne Isabelle Friley, Cette pédopsychiatre utilise des méthodes sortant un peu de l’ordinaire. Son cabinet est niché dans la campagne calvadosienne, à Val-d’Arry , dans un cabanon de bois. Et juste à côté, le haras de Lukos , détenu par Isabelle Friley et son mari.

Car la médecin est aussi monitrice d’équitation. « Au départ je faisais de l’équithérapie, puis j’ai amené des enfants à l’équitation adaptée. Peu à peu ces enfants ont commencé à devenir bons. Je leur ai proposé de faire des concours et il se trouve qu’ils se sont qualifiés très facilement » , se souvient la monitrice.

Dans ses cours d’équitation, valides et non valides se mélangent, sans que de grandes différences avec une reprise classique ne soient faites. La monitrice s’accompagne d’une seconde personne, à pied, pour l’épauler. Elle adapte aussi ses méthodes en fonction du cavalier dont elle s’occupe : en se montrant plus ou moins ferme ou plus ou moins rassurante, chacun reçoit l’encadrement qui lui convient.

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Pour la troisième année consécutive, Isabelle Friley et ses cavaliers se sont ainsi rendus, du 18 au 26 juillet 2026, à Lamotte-Beuvron pour participer aux championnats de France de dressage. Tous ont concouru parmi des cavaliers non porteurs de troubles du spectre autistique, avec succès : « Cette année, on a un champion de France, deux classements et une cavalière qui se hisse à 0.40 du classement » , détaille la monitrice.

Antoine Le Jeune a 20 ans. Il monte à cheval depuis dix ans. « Je pensais juste être classé voire, dans le meilleur des cas, me retrouver quatrième, voire cinquième » , raconte le jeune homme. Ce sera finalement la première place pour Antoine Le Jeune et son cheval Éclipse de la Lauryna , il devient le premier champion de France de dressage autiste.

Lors de ce concours, les cavaliers font deux passages, un parcours imposé et un parcours libre en musique. « Je me suis investi pendant un an pour à peine cinq minutes de reprise. J’étais très content d’avoir fait quelque chose qui plaise aux juges. J’étais quand même très impressionné, et après ma reprise, toute la fatigue, les engueulades, toutes les difficultés que j’ai rencontrées sont remontées. J’étais en larmes en sortant » , se remémore le champion de France.

En tout, ce sont sept cavaliers du haras de Lukos qui ont concouru à Lamotte-Beuvron. Justine, 17 ans, s’est classée 8e avec son propre poney Rimec . Pour sa troisième participation, la jeune fille était pleine d’espoir. L’année précédente, son poney avait paniqué, laissant échapper le classement tant attendu. « On a travaillé très dur pendant deux ans. Je suis restée des semaines au haras pour continuer à monter et à m’améliorer. Cette année, j’ai vu que tous mes efforts avaient payé » , décrit la jeune fille.

Parfois, les difficultés rattrapent les jeunes compétiteurs. Malgré ses efforts et le travail effectué avec sa coach, Lisa, 16 ans, n’a pas réussi à s’ancrer dans l’instant présent.

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