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Aide à mourir : Mgr Laurent Ulrich appelle à refuser d’en bénéficier

La Croix ·
Aide à mourir : Mgr Laurent Ulrich appelle à refuser d’en bénéficier

L’archevêque de Paris, Mgr Laurent Ulrich, appelle à faire « des choix courageux » en refusant de « bénéficier » du droit à l’aide à mourir dont la loi vient d’être promulguée par le président de la République.

La loi, publiée mercredi 19 août au Journal officiel , « fait désormais partie de notre système de droit » , regrette dans un communiqué Mgr Ulrich. « Ce n’est pas pour autant la fin du combat que nous menons pour que la fraternité prévale. Il nous faut continuer à prier, espérer et agir avec créativité et cohérence » , ajoute-t-il.

« Aujourd’hui, demain, dans les temps à venir, il nous faudra sans doute faire des choix courageux, à contre-courant peut-être, à commencer par ceux que nous ferons pour nous-mêmes. C’est ainsi qu’il nous appartient, d’abord, de choisir de ne pas demander à bénéficier de ce “droit” nouveau » , écrit l’archevêque de Paris.

« L’euthanasie et le suicide assisté existent désormais comme une possibilité : rien ne doit nous contraindre à les faire exister comme des réalités dans nos vies » , insiste l’ecclésiastique.

Le texte de loi validé par le Conseil constitutionnel avec quelques réserves , crée un droit à l’aide à mourir, sous plusieurs conditions, pour certains patients, leur permettant de s’administrer un produit létal en présence d’un soignant. Si, et seulement si, le patient ne peut accomplir physiquement le geste, le soignant peut s’en charger.

Plusieurs conditions doivent se cumuler. Le patient doit être majeur, Français ou résident de longue date, être atteint d’une affection « grave et incurable » en phase terminale ou « avancée » , souffrir physiquement de manière insupportable et être capable d’exprimer un choix éclairé jusqu’au dernier moment.

Dans son avis rendu vendredi dernier, le Conseil constitutionnel avait émis plusieurs réserves, dont celle élargissant la clause de conscience pour les soignants qui refuseraient de participer au geste létal, à un établissement entier s’il existe une alternative au niveau local.

Cette clause de conscience pourra également inclure un pharmacien qui refuse de préparer le produit létal avait considéré l’institution.

« Les réserves exprimées par le Conseil constitutionnel sont à cet égard une opportunité : que les structures qui ont fait de l’accompagnement des personnes gravement malades leur raison d’être et des soins palliatifs leur expertise trouvent dans ces réserves un encouragement à maintenir leur particularité, et à demeurer ces lieux où l’on ne tuera pas » , estime Mgr Ulrich.

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