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"On a abusé de ma confiance" : des femmes dénoncent les dérives des lunettes connectées

France Info ·
"On a abusé de ma confiance" : des femmes dénoncent les dérives des lunettes connectées

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Article rédigé par France 2 - T. Dagnas - Édité par l'agence 6Medias France Télévisions Des influenceurs utilisent des lunettes connectées pour filmer des jeunes femmes qu'ils abordent dans la rue. Les vidéos sont ensuite postées sur les réseaux, souvent sans leur consentement. Plusieurs plaintes ont été déposées.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.

C'est une tendance venue des États-Unis. Des dragueurs de rue filment leur conquête. Sur les réseaux sociaux, les réactions des femmes font des centaines de millions de vues. Toutes ces vidéos sont enregistrées avec une caméra présente sur des lunettes connectées, mais souvent sans prévenir les jeunes femmes, sans obtenir leur consentement. Meta, maison mère d'Instagram, vient de supprimer deux comptes d'influenceurs réalisant ce type de contenu.

En France aussi, certaines femmes affirment avoir été piégées. Une d'entre elles vient de déposer plainte contre un influenceur. Elle l'accuse d'avoir publié une vidéo à son insu. "Je me suis sentie trahie, choquée, étonnée. Oui, qu'on avait abusé de ma confiance, en fait." 150 000 personnes ont vu cette vidéo, avec des conséquences sur sa vie privée : "Dans mon travail, mon image est utilisée, donc je n'avais pas envie que cette vidéo tourne dans le cadre professionnel, même au niveau personnel. Je n'ai pas forcément envie que ma famille tombe sur ce genre de vidéo."

L'homme contre qui elle a porté plainte assure avoir obtenu le consentement de la jeune femme, sans nous fournir la preuve de ce qu'il avance. Il accepte de montrer comment il procède et assume cette démarche provocante qui lui procure, dit-il, "une certaine notoriété sur Internet" et donc des revenus : "Aujourd'hui, je séduis des femmes, des proies, donc je suis le chasseur."

Sa stratégie est bien rodée. L'influenceur remonte les lunettes sur son front. Il colle un scotch opaque sur sa monture pour cacher le signal lumineux qui s'allume quand il enregistre. "C'est mieux qu'elle ne voit pas qu'elle est filmée. Sinon, le naturel de l'interaction n'est plus pareil." Cinq autres femmes ont déposé plainte contre lui pour atteinte à la vie privée par captation et diffusion d'images. Il encourt un an de prison et 45 000 euros d'amende.

Une pratique qui inquiète de plus en plus de jeunes femmes, qui décident d'adapter leur comportement. "Maintenant, je suis hyper en alerte dès que je vois un homme qui porte des lunettes. Je regarde tout de suite quel modèle c'est" , indique Mathilde Blaizac, victime d'une vidéo. Cette Parisienne a installé une application sur son téléphone qui envoie une alerte lorsque ce type de lunettes se connecte à proximité. De quoi tenter de protéger sa vie privée.

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