Cette seconde spéciale, qu’on ajoute pour s’adapter aux caprices de la rotation terrestre, pourrait bientôt disparaître
Tous les quatre ans, février gagne un jour à la faveur d’une année bissextile . La raison est astronomique : la Terre met environ 365 jours un quart à faire le tour du Soleil. Ajouter un 29 février tous les quatre ans compense le décalage. Sans cet ajustement, les équinoxes et les solstices glisseraient de plus en plus tard dans le calendrier, entraînant avec eux le jour marquant le début de chaque saisons.
Car pendant des millénaires, le jour a été défini comme la durée d’une rotation complète de la Terre sur elle-même. Mais cette rotation n’est pas toujours parfaitement régulière . Pour gagner en précision, les systèmes modernes de mesure du temps ont cessé de s’appuyer sur elle.
Ce changement a créé un décalage entre l’ancienne définition de la seconde et celle utilisée aujourd’hui . En effet, au fil des années, les systèmes modernes de mesure du temps peuvent se décaler de quelques secondes par rapport au mouvement de la Terre. Pour corriger cet écart, les spécialistes de la mesure du temps ont recours à ce qu’on appelle une « seconde intercalaire ». De la même manière que les années bissextiles maintiennent nos calendriers en phase avec la révolution de la Terre autour du Soleil , les secondes intercalaires maintiennent nos horloges en phase avec sa rotation quotidienne.
Mais en octobre 2026, l’organisation internationale chargée de la mesure du temps pourrait revoir les règles d’ajout des secondes intercalaires .
En tant que chercheur en sciences spatiales , je sais à quel point la mesure du temps est fondamentale pour la recherche en physique. La précision de nos mesures s’est améliorée avec nos manière de mesurer le temps.
Pourquoi divise-t-on l’année en 365 jours, le jour en 24 heures, l’heure en 60 minutes… ? Histoire de la seconde En effet, les systèmes utilisés pour mesurer le temps ont évolué au cours des derniers siècles. La journée de 24 heures trouve son origine au deuxième millénaire avant notre ère, lorsque les Égyptiens de l’Antiquité ont divisé le jour et la nuit en 12 parties chacun. Comme la durée du jour et de la nuit varie au fil de l’année, celle de chaque heure diurne et nocturne variait elle aussi.
L’ astronome grec Hipparque , qui vivait au II e siècle avant notre ère, a ensuite adopté un système de 24 heures de durée égale pour ses calculs astronomiques.
La division d’une heure en 60 minutes de 60 secondes chacune trouve elle aussi ses racines dans l’astronomie. Ce découpage, fondé sur un système en base 60 , remonte aux civilisations sumérienne et babylonienne de Mésopotamie . Le nombre 60 est particulièrement commode, car il possède de nombreux diviseurs, ce qui facilite le découpage du temps.
Vers l’an 150 de notre ère, l’astronome grec Claude Ptolémée a adopté le système en base 60 pour mesurer le mouvement des planètes. Il a divisé chaque degré d’angle en 60 parties, puis chacune d’elles en 60 parties plus petites. Ces subdivisions ont ensuite été appelées en latin partes minutae primae , soit « premières petites parties », et partes minutae secundae , « secondes petites parties ».
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