Marine Le Pen et la politique familiale : les visages très conservateurs derrière le programme du RN
"Bien sûr, c’est connu, notre programme, c’est les femmes à la maison", s’esclaffe ce bras droit de Marine Le Pen.
Qui s’empresse de préciser : "Je blague, hein, vous n’écrivez pas ça !" Mardi 6 octobre, la candidate à la présidentielle vient de présenter son contre-budget , au nouveau siège du parti dans le XVIe arrondissement de Paris.
Dans son discours, une phrase, glissée comme un teaser, évoque sa volonté de mettre en place "une nouvelle politique familiale".
"En particulier des mesures très concrètes pour les femmes qui veulent concilier leur carrière professionnelle et leur vie de famille." Le dispositif devrait être détaillé dans les semaines à venir.
Pour sa campagne de 2022, déjà, Marine Le Pen avait édulcoré certaines de ses propositions en la matière, dans une volonté d’estomper les stigmates d’un conservatisme trop visible.
Exit, donc, le fait de réserver la PMA aux seuls couples rencontrant des problèmes de stérilité ou le remplacement du mariage entre les couples de même sexe par une nouvelle union civile.
Depuis cinq ans, les propositions frontistes sur la famille restent centrées autour des mêmes thèmes : la mise en place d’une politique nataliste, l’introduction de nouvelles aides et avantages fiscaux, en appliquant la sélection par la préférence nationale, et la défense d’un modèle familial traditionnel.
Mais un nouveau credo vient guider ces mesures : il n’est pas question, assure Marine Le Pen, de "retirer des droits aux Français".
Une ligne conservatrice, identitaire et radicale Le RN propose aujourd’hui, entre autres, l’instauration d’une part fiscale pleine dès le deuxième enfant, ou le doublement de l’allocation familiale pour les parents isolés français.
La famille est présentée comme la "cellule constitutive du corps social, le premier maillon de la chaîne solide qui constitue la communauté nationale", et bien que la natalité soit perçue comme un moyen de "perpétuer notre civilisation", les marqueurs identitaires ou trop conservateurs du discours tendent à être gommés.
"Il faut qu’on soit porteurs d’espoir, qu’on soit rassurants et qu’on évite de cliver sur des sujets abrasifs", assure un conseiller.
Seule ombre au tableau, et elle est de taille : le casting choisi par Marine Le Pen pour plancher sur sa politique familiale détonne avec cette volonté de modération.
Quasiment tous les élus chargés de la réflexion sur les sujets familiaux, éducatifs ou sociétaux assument une ligne très conservatrice et font partie de la frange catholique revendiquée du parti.
Rhétorique complotiste et "grand remplacement" Laure Lavalette, députée du Var, proche de la patronne et porte-parole de la campagne, vient d’être nommée coordinatrice du pôle famille/solidarités de la campagne présidentielle.
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