Quiconque a servi dans l’armée russe après 2022 doit être interdit d’entrée en Europe, par Vladislav Inozemtsev
Bien que les dirigeants de l’Union européenne aient approuvé à titre préliminaire le 22e paquet de sanctions, l’une des questions les plus importantes soulevées plus tôt cette année n’est toujours pas réglée : l’interdiction des visas Schengen pour les citoyens russes ayant participé à la guerre contre l’Ukraine.
L’Allemagne, la Suède, la Finlande, l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Roumanie et la Pologne ont avancé cette idée en mars 2026.
Ils ont appelé Bruxelles à exclure toute possibilité pour d’anciens militaires russes d’obtenir une autorisation de voyage européenne.
En juillet, la décision relative au 21e paquet a prévu "l’introduction des bases d’une interdiction globale de visas pour les combattants et anciens combattants des forces armées russes et d’autres groupes supplétifs participant à la guerre d’agression russe en Ukraine".
Elle n’a toutefois pas précisé les mesures à prendre à l’avenir.
Je soutiens pleinement la proposition de l’Allemagne et de ses alliés, et je voudrais expliquer pourquoi cette position me paraît non seulement nécessaire, mais profondément rationnelle.
Aujourd’hui, le principal argument en faveur de cette mesure tient à l’inquiétude, voire à la crainte, d’un afflux dans l’Union européenne d’anciens combattants entraînés, endoctrinés et fidèles au régime du Kremlin.
Elle est donc présentée comme "une mesure de sécurité relevant du bon sens".
A mesure que se multiplient les actes de sabotage et les opérations de guerre hybride liés à la Russie, la menace semble plus tangible.
Même sans s’attarder sur l’espionnage et les opérations clandestines, chacun doit admettre que le nombre de "vétérans" augmente rapidement en Russie.
La plupart d’entre eux ont pris part à des combats impitoyables, voire à des crimes de guerre, ce qui les rend enclins à la violence, souvent gratuite, comme la société russe en fait déjà l’expérience.
Les opposants à cette mesure soutiennent que la Charte des droits fondamentaux de l’UE exige un examen au cas par cas.
Selon eux, une interdiction automatique fondée sur le service militaire met sur le même plan ceux qui ont mené des opérations punitives et ceux qui ont été mobilisés de force.
A mon sens, tous ces arguments sont pour le moins trompeurs.
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