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ENTRETIEN. « Plus facile de filmer en prison qu’à l’école » : « Zone interdite » livre une enquête choc sur l’école

Ouest-France ·
ENTRETIEN. « Plus facile de filmer en prison qu’à l’école » : « Zone interdite » livre une enquête choc sur l’école

Violences en hausse, remplacements non assurés… Le constat dressé par Zone Interdite , diffusé ce dimanche 13 septembre à 21 h 10 sur M6 , est implacablement juste. Réalisé par Kévin Dezler, ce film verse un peu trop dans le sensationnalisme mais le reportage frappe malgré tout les esprits. Pour Ouest-France , le réalisateur explique pourquoi il a choisi de s’immerger en caméra caché dans des écoles et les observations qu’il en a tiré.

On a fait des demandes pour filmer en caméra ouverte. On a obtenu des accords d’établissements et d’académies. Mais le service communication du ministère nous a opposé un refus, invoquant les reportages déjà réalisés et une mauvaise expérience avec Zone Interdite . C’est pour ça qu’on a choisi l’infiltration et la caméra cachée. Il est aujourd’hui plus facile de filmer dans une prison que dans une école. Ça touche, selon moi, à un obstacle à la République, éventuellement à la démocratie.

Oui. Cela nous aura permis de déconstruire l’idée reçue selon laquelle tout est mieux dans le privé. Les problématiques y sont en réalité similaires. On a pu filmer dans un établissement à Melun, où l’on voit une professeure contrainte de s’occuper de deux classes en même temps parce que le rectorat interdit de remplacer en dessous de trois semaines.

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C’est ce que je retiendrai aussi après ces mois d’enquête : il y a une véritable peur des enseignants vis-à-vis de l’institution. Très peu ont accepté de témoigner à visage découvert, parce qu’ils craignaient des répercussions sur leur carrière, sur leur quotidien dans leur établissement. Hubert, qu’on voit en début de reportage en train de corriger ses copies, est de ceux-là. C’est quelqu’un qui en veut franchement, qui a de vraies convictions. Il n’est pas une exception : ils sont nombreux à garder la foi et à se plier en quatre pour assurer leur mission d’éduquer les citoyens de demain.

Oui. Ce qui m’a frappé, c’est la violence verbale du quotidien. Dès le deuxième jour d’une de nos infiltrations, nous avons rencontré une professeure qui se faisait insulter en classe. Ce sont des situations qui arrivent de plus en plus souvent. Le rapport avec les parents a aussi changé : on est passé de parents partenaires à des parents qui s’opposent souvent à l’école — la conséquence d’une perte de confiance dans l’institution. Le niveau reste un sujet essentiel : depuis 2018, les absences augmentent et le remplacement pose un vrai problème.

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Qu’espérez-vous que votre documentaire déclenche, dans le monde politique, institutionnel, et auprès des parents ?

On espère surtout que les témoignages seront entendus. J’ai l’impression que le nouveau ministre prend le sujet à bras-le-corps : c’est quelqu’un qui connaît parfaitement l’institution, ses codes, et qui me semble plutôt transparent.

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