"Tout le monde est sous le choc" : la spectaculaire offensive de la Chine dans la course à la fusion nucléaire
Aix-en-Provence, le 23 septembre dernier.
La grand-messe européenne des ingénieurs de la fusion - le Symposium on Fusion Technology (SOFT) - bat son plein.
À la tribune d’un vaste amphithéâtre, Yuntao Song, directeur général de l'Institut de physique des plasmas de l'Académie chinoise des sciences, achève son exposé sur les progrès de son pays en matière de fusion, ce procédé prometteur qui vise à reproduire un mini-soleil sur terre.
Silence dans l'auditoire.
"Tout le monde était sous le choc", raconte un expert de l'énergie.
Car les images projetées durant la présentation n'avaient rien de vues d'artiste : il s’agissait de photos de chantiers bien réels.
Ici, un tokamak, ce réacteur en forme de donut où l'on confine un plasma plus chaud que le cœur du Soleil.
Là, une installation pour éprouver les matériaux.
Juste à côté, un bâtiment presque achevé, dédié à la fabrication du combustible.
Comme si la fusion nucléaire, ce graal énergétique que les physiciens poursuivent depuis plusieurs décennies , entrait enfin dans l'ère industrielle.
Un retournement spectaculaire.
"Jadis à la traîne, la Chine est aujourd'hui bien partie pour maîtriser la fusion avant les pays occidentaux", constate Agata Hidalgo, responsable affaires publiques et médias chez Renaissance Fusion .
Yannick Marandet, directeur de l'institut Fusion, Fission et Instrumentation nucléaire (ISFIN) d'Aix-Marseille Université décrit une machine implacable, mue par deux moteurs.
D'un côté, le géant public du nucléaire CNNC, qui prépare à Shanghai HL-4, un tokamak à supraconducteurs à haute température, pour quelque 2,5 milliards de dollars.
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