"Du langage de rue": près de trois ans après la mort de Thomas à Crépol, les accusés contestent la circonstance aggravante de "racisme antiblanc"
Interrogés le 17 juillet dernier les 14 accusés, qui nient tous être à l’origine de la mort de Thomas Perroto à Crépol, ont réfuté tout mobile raciste sans convaincre les juges d’instruction. BFMTV a pu consulter les procès-verbaux de ces interrogatoires. C’est une question explosive que n’a pas encore tranché la justice: les jeunes hommes accusés d’avoir tué Thomas Perroto et d’en avoir blessé trois autres lors d'une rixe à Crépol (Drôme) le 19 novembre 2023 ont-ils agi avec une motivation raciste anti-Blancs ?
Au terme de deux ans et demi d’investigations, et après des observations formulées par les avocats des parties civiles, les juges d’instruction, un homme et une femme, ont subitement décidé de réinterroger les suspects en juillet dernier sur cette circonstance aggravante, et de rajouter cette qualification dans leurs mises en examen, ce qui pourrait conduire à un procès retenant cette dimension raciste. Lors de ces interrogatoires dont BFMTV a eu connaissance, tous les mis en cause nient ce mobile.
Crépol: comment une fête de village a tourné à la tragédie 17:48 Faut-il y voir, là encore, un racisme anti-Blancs? "Dans le langage du quartier, quand on dit 'Français', c'est pas péjoratif, c'est comme quand vous, vous dites 'les Maghrébins', c'est pas péjoratif", répond Jawed K. face à la même juge.
Mathys I., 22 ans, interrogé lui aussi ce jour-là par la magistrate, pointe du doigt les médias. "Il résulte des investigations téléphoniques qu'à plusieurs reprises, lors de conversations entre mis en examen (qui étaient sur écoute, ndlr), il est opéré une distinction entre les membres du groupe de la Monnaie (quartier dont sont originaires un certain nombre d’accusés, ndlr) et "les Français". Comment l'expliquez-vous?", questionne la juge. "Il faut demander aux médias, si les mis en examen disent 'les Français', c'est parce qu'à la télé, ils parlaient des Français", rétorque-t-il.
Pourtant, malgré ces dénégations, les avocats des parties civiles sont convaincus de la dimension “anti-Blancs” de ces actes. Dans des observations envoyées aux deux juges d’instruction que BFMTV a pu consulter, Me Jérôme Triomphe souligne les témoignages de certains des témoins.
Marschall Truchot : Crépol, la justice divisée sur le “racisme antiblanc” – 20/08 21:40 "Ils se sont regroupés et ont commencé à insulter les gens et à leur cracher dessus. J’ai entendu l’un d’eux dire 'On va vous crever les petits Blancs'", a ainsi rapporté un jeune homme en audition, d’après l’avocat. Un autre dit avoir entendu trois des mis en cause dire: "On est là pour planter des Blancs, tuer des Français", précisant toutefois "qu’il ne s’agit pas des termes exacts mais que ça les résume".
"Ces propos ne peuvent être analysés comme de simples invectives détachées de l'action.
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