On arrache les yeux des femelles pour qu'elles pondent davantage: Leclerc dans le viseur d'une ONG qui dénonce la maltraitance des crevettes, dont les Français sont les premiers consommateurs européens
Arrachage des yeux des femelles reproductrices, abattage sans étourdissement, agonie prolongée… Une ONG dénonce les pratiques cruelles des élevages de crevettes et interpelle les enseignes françaises de grande distribution. Si Intermarché, Auchan ou encore Aldi ont pris des engagements pour y mettre fin, E.Leclerc est particulièrement pointé du doigt pour son absence d'engagements. Yeux arrachés à vif, abattage sans étourdissement... L'ONG de défense du bien-être animal ICAW a appelé vendredi la grande distribution française à renforcer ses engagements contre la maltraitance des crevettes d'élevage, dénonçant les "retards préoccupants" de certaines enseignes sur ce sujet méconnu.
Avec 440 milliards de crevettes abattues chaque année, ces crustacés sont les animaux les plus élevés en captivité dans le monde , rappelle l'ICAW (International council for animal welfare), organisation basée aux États-Unis, dans un rapport publié à l'occasion de la journée mondiale de l'alimentation.
Pourtant, beaucoup ignorent les "méthodes extrêmement cruelles" infligées à ces animaux, dont la sensibilité a été reconnue par la communauté scientifique et certains pays comme le Royaume-Uni, relève-t-elle.
Depuis 2023, son ONG milite auprès de distributeurs européens pour "obtenir des engagements publics sur deux thématiques": l'épédonculation des crevettes, soit l'arrachage des yeux des femelles reproductrices, censée augmenter la fréquence de ponte, et leurs conditions d'abattage.
"Courante" dans les élevages, l'épédonculation consiste à "sectionner un ou les deux pédoncules oculaires d'une crevette femelle" - ces derniers contiennent une glande influençant son cycle ovarien - "alors qu'elle est pleinement consciente, à l'aide d'une lame de rasoir ou de ciseaux chauffés", sans anesthésie, relate le rapport.
Les crevettes sont en outre généralement abattues par immersion dans une bouillie de glace, une méthode censée provoquer une insensibilisation suivie d'une mort rapide, mais dont les conditions d'efficacité "sont rarement réunies à l'échelle industrielle".
Ainsi "il n'est pas rare que les crevettes agonisent pendant plusieurs minutes" quand d'autres meurent par suffocation "une fois sorties des bassins", déplore l'ICAW, qui promeut le recours à l'étourdissement électrique.
En France, quatre distributeurs (Les Mousquetaires/Intermarché, Coopérative U, Auchan et Aldi) se sont déjà engagés à la fois à interdire la pratique de l'épédonculation par leurs fournisseurs et à leur réclamer l'étourdissement électrique avant abattage d'ici à 2030 (ou 2035 pour Aldi), se félicite l'ICAW.
Le leader du secteur E.Leclerc n'a en revanche pris aucun de ces engagements, déplore l'ONG.
D'autres se sont engagés "partiellement" (car leurs engagements portent sur l'arrachage des yeux, mais pas sur l'étourdissement): Carrefour vise l'élimination de l'épédonculation d'ici à 2027 et 2029 selon les espèces, Casino (Monoprix, Franprix...) et Lidl ont totalement banni cette pratique, tout comme Biocoop, l'agriculture biologique interdisant cette méthode.
Contactés par l'AFP, Carrefour assure travailler avec ses fournisseurs sur la mise oeuvre de l'étourdissement électrique "à pa
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