Et si une tempête solaire majeure survenait
Cet article est extrait du mensuel Sciences et Avenir n°953-954 , daté juillet-août 2026.
N ous ne sommes clairement pas aussi préparés que nous devrions l'être , alerte Doreen Bogdan-Martin, directrice de l'Union internationale des communications (UIT), évoquant la menace grandissante d'une "pandémie numérique " : une panne Internet mondiale. Elle ne serait pas causée par un virus informatique ou une cyberattaque, mais par un choc provoqué par une tempête solaire extrême, détaille un rapport réalisé par le Bureau des Nations unies pour la réduction des risques de catastrophe, l'UIT et Sciences Po Paris.
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Des bouffées exceptionnelles de particules énergétiques émises par notre étoile pourraient déclencher, en effet, des défaillances en cascade, touchant d'abord les satellites de télécommunications et de navigation ainsi que les réseaux électriques, puis les centres de données, Internet, les systèmes bancaires, les transports ou encore les hôpitaux.
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L'étude prend pour référence l'évènement de Carrington de 1859, la plus puissante tempête solaire de l'ère moderne bien documentée. En atteignant la Terre, les gigantesques bulles de gaz ionisé éjectées par le Soleil avaient engendré des aurores jusqu'aux régions tropicales et fait dérailler les réseaux télégraphiques "qui étaient en quelque sorte l'Internet de l'époque", rappelle Doreen Bogdan-Martin. De tels épisodes surviendraient tous les 150 à 200 ans, sans que les astrophysiciens puissent pour le moment les prévoir. Selon l'assureur britannique Lloyd's of London, la facture pourrait atteindre 2600 milliards de dollars rien qu'aux États-Unis.
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