Un monarque « sans majesté », caricaturé, moqué et exilé : quelle est l’histoire du dernier roi de France ?
Imagine-t-on un Louis XIV caricaturé par la presse en fraise ou en pomme ? Au XIX e siècle, c’est pourtant ce qui arriva au roi. Pour protester contre sa comparution devant la cour d’assises suite à des caricatures attaquant la politique de Louis-Philippe I er , un certain Philippon décidera de croquer le monarque… en « poire ». Une manière de défendre la liberté d’expression qui deviendra alors un classique du règne…
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Mais qui est ce Louis Philippe I er , qui marque la fin définitive de la monarchie en France, tout en restant largement méconnu des Français aujourd’hui ? Né en 1773, il fait partie de la famille d’Orléans, la branche cadette des Bourbons régnants. Partisan de la Révolution française, comme son père, le Philippe Égalité… qui votera la mort du roi et finira la tête tranchée, il s’exilera pourtant en 1793. Belgique, Suisse, Scandinavie, États-Unis… le prince de sang ne peut se réinstaller définitivement en France qu’en 1817.
La route vers le pouvoir lui sera ouverte par la politique du roi Charles X, nostalgique de la monarchie absolue de droit divin, pendant la Restauration. Ses ordonnances pour suspendre la liberté de la presse, dissoudre une chambre des Députés qui ne lui convient pas, ou encore écarter des électeurs, la bourgeoisie commerçante et industrielle, conduisent à la Révolution de juillet, en 1830. Charles X est contraint d’abdiquer. Les députés en appellent alors au Duc d’Orléans, Louis Philippe. Le 9 août, il devient un « roi des Français » - et non de France -, intronisé - et non sacré - car il est « l’homme de situation, parce qu’il avait à la fois du sang royal et une réputation de libéral » , écrit Anne Martin-Fugier dans Louis Philippe et sa famille (Tempus).
Que retenir de son règne de dix-huit ans, ce que l’on appelle la Monarchie de Juillet ? Il y a d’abord l’attitude. Un roi familier avec ses proches, au canif dans la poche, une sorte de « roi sans majesté » aux débuts, rappelle l’historienne. Un roi qui se montre dans la rue, sans apparat, qui se balade à pied avec son parapluie (on dit souvent qu’il contribua à populariser cet objet). Un bourgeois parmi les bourgeois en quelque sorte, avec une conception de la royauté « non pas mystique, mais désacralisée et laïcisée. » Mais si en apparence, il est proche des Français, il ne renonce cependant pas aux dépenses somptuaires et aux belles alliances pour les princes et princesses.
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Côté politique, l’inflexion est d’abord de mise avec l’instauration d’une monarchie parlementaire à l’anglaise, un pouvoir législatif partagé, la suppression de la censure… « Nous chercherons à nous tenir dans un juste milieu », déclare le roi citoyen en 1831. Il essaie aussi de réconcilier les Français autour d’une histoire commune en créant le musée de l’Histoire de France dans l’ancienne résidence royale de Versailles. C’est pour le côté pile.
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