Le « Starlink russe » en difficulté : ses satellites tombent dans l’atmosphère
Annoncée il y a quelques années, la constellation russe est aujourd’hui en difficulté. D’après les relevés de suivi orbital, au moins deux satellites perdent de l’altitude et plusieurs autres peinent à rejoindre la leur.
Le projet nommé Rassvet avait été annoncé dès 2023, porté par l’entreprise Bureau 1440. Longtemps resté anecdotique, le projet a gagné en importance en 2026, lorsque le pays s’est retrouvé exclu du réseau Starlink suite à la guerre en Ukraine . Ainsi privée du soutien des satellites de SpaceX, la Russie a entrepris d’accélérer les choses pour mettre en place sa propre constellation, avec des lancements réguliers d’abord en mars, puis en juillet.
Avec une centaine de milliards de roubles investis (soit environ 1,1 milliard d’euros), l’enjeu était immense dans le cadre de la guerre en Ukraine puisque le pays pouvait se retrouver en situation de vulnérabilité, ce qui avait conduit Kiev à frapper des infrastructures russes liées au spatial.
Ces déboires sont à remettre en regard des ambitions affichées. Le budget fédéral prévoit 102,8 milliards de roubles (environ 1,1 milliard d’euros) pour Rassvet, et Bureau 1440 vise une exploitation commerciale dès 2027 avec plus de 250 satellites, avant une constellation de plus de 900 appareils à l’horizon 2035. Au rythme de deux lancements et déjà plusieurs pertes, l’échéance paraît lointaine.
À ces déboires en orbite s’ajoute un problème au sol. Dans la nuit du 15 août 2026, l’Ukraine a frappé le centre spatial Progress, à Samara, avec des missiles de croisière Flamingo. Or c’est la seule usine russe à assembler en série les fusées Soyouz-2.1b, les uniques lanceurs employés jusqu’ici pour envoyer les satellites Rassvet en orbite. Le calendrier russe butait déjà sur un goulot d’étranglement : selon United24 Media , il faudrait au moins 18 tirs de Soyouz-2.1b pour déployer la constellation visée, alors que la Russie n’en réalise que six à huit par an.
Mais comme le souligne le site spécialisé Russian Space Web , la constellation semble avoir quelques problèmes. Si les 16 satellites du premier lancement s’en sortent un peu mieux (l’un d’eux est toutefois retombé dès juin), le lancement de juillet qui transportait 16 appareils supplémentaires ne va pas bien. Le but est de les placer à 800 kilomètres d’altitude, mais certains se retrouvent sous les 500, voire sous les 400 kilomètres.
On apprend ainsi que neuf de ces engins ont engagé des manœuvres pour regagner quelques kilomètres, tandis que d’autres semblaient abandonner l’ascension et tomber vers l’atmosphère. À ce jour, aucun satellite n’a réussi à monter au-delà des 360 kilomètres, et deux d’entre eux sont tombés sous les 300 et leur trajectoire ressemble à celle d’une réentrée atmosphérique .
Ce maintien à basse altitude a des conséquences très concrètes. Plus un satellite vole bas, plus il subit le frottement des couches résiduelles de l’atmosphère : pour ne pas retomber, il doit brûler davantage de carburant, ce qui rogne d’autant sa durée de vie utile.
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