Éclipse solaire totale en Espagne : les observations de deux astronomes
TEMOIGNAGES. La dernière éclipse solaire totale visible en Europe continentale remontait au 11 août 1999. 27 ans plus tard, l'alignement du Soleil, de la Lune et de la Terre du 12 août 2026 a provoqué un engouement sans précédent. De nombreux touristes, amateurs d'astronomie et astronomes professionnels ont en effet afflué en Espagne pour observer l'éclipse totale. La bande de totalité — région où 100 % du disque solaire est occulté par la Lune — s’étendait du nord-est du Groenland jusqu’aux Baléares. En France, l’éclipse était partielle, avec une occultation du Soleil allant d’environ 90 % dans le nord jusqu’à 99,7 % dans le sud-ouest. Parmi les millions d’observateurs européens figuraient Alain Doressoundiram et Federico Landini. Le premier est astrophysicien au Laboratoire d’études spatiales et d’instrumentation en astrophysique (LIRA) de l’Observatoire de Paris-PSL, le second ingénieur de recherche à l’Observatoire astrophysique de Turin. Dans un entretien croisé, ils racontent à Sciences et Avenir leur expérience de cet événement astronomique et les phénomènes scientifiques qu’ils ont pu observer.
Sciences et Avenir : Vous avez pu admirer l'éclipse depuis l'Espagne. Où l'avez-vous observée et avec quel dispositif instrumental ?
Alain Doressoundiram : Je me trouvais au sud de la ville de León, dans la communauté autonome du même nom, dans le nord-ouest de l'Espagne. Je suis venu principalement pour profiter du spectacle, à l'aide de lunettes d'éclipse. C'était ma toute première éclipse. Un spectacle extraordinaire. L'émotion était très forte.
Quant au dispositif d'observation, j'ai utilisé un télescope Vespera. Ce type de télescope est qualifié d'"intelligent", car il associe une petite lunette astronomique, une caméra numérique et une monture motorisée. Avec un tel instrument, il n'est pas nécessaire de se baisser pour regarder dans un oculaire : l'objet céleste que l'on souhaite observer est sélectionné sur l'application Singularity, via un smartphone ou une tablette. Le télescope repère la source astronomique d'intérêt - ici, le Soleil caché par la Lune - dont l'image s'affiche directement dans l'application.
Federico Landini : Dans le cadre de l'expédition scientifique organisée par l'Institut national d'astrophysique italien (INAF), nous nous sommes rendus à l'Observatoire astrophysique de Javalambre, dans la région d'Aragon. Nous voulions tester un instrument inédit dans le cadre d'un projet expérimental sur la couronne solaire. Il s'appelle CISS (spectromètre à fente circulaire).
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