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"Les CRS frappent sur tout ce qui bouge" : de Gaulle, la Constitution de 1958 et l'émeute oubliée

L'Express ·
"Les CRS frappent sur tout ce qui bouge" : de Gaulle, la Constitution de 1958 et l'émeute oubliée

Cet article a été publié pour la première fois dans L'Express du 11 septembre 1958 4 septembre 1958.

Le général de Gaulle a invité le peuple de Paris, place de la République, afin de lui présenter la Constitution qui, par référendum, doit être soumise à son approbation le 28 septembre prochain.

Les services du ministère de l'Intérieur et de la Préfecture de police déclaraient, dans les trois jours précédents, que "300 000 personnes, selon leurs estimations, seraient au rendez-vous du Général." 4 septembre 1958.

C'est, effectivement, une "invitation" puisque, dès 16 heures, dans un large périmètre à partir de la place, la police installe ses cars et dispose des barrières de fer argenté qui, alignées en chicanes et couloirs, sont destinées à canaliser le public des invités.

Ceux-ci doivent présenter une carte officielle tantôt à des agents, tantôt à des membres de l'ex-service d'ordre R.

P.

F. qui portent des brassards bleus frappés, d'un V et d'une croix de Lorraine.

Après quatre ou cinq contrôles, ils ont enfin accès à la place où se dresse, au pied de la statue, la tribune tapissée de calicot tricolore et surmontée d'un V gigantesque qui embrasse le podium d'où le général de Gaulle doit s'adresser aux Parisiens.

Dans la tribune sont assis tous les membres du gouvernement, les ambassadeurs ou chargés d'affaires étrangers, des militaires, ainsi que de nombreux parlementaires parmi lesquels on reconnaît MM.

Paul Reynaud, Laniel, Bloch-Dassault, Thibaut, député-maire d'Angoulême et fondateur du premier Comité de salut public métropolitain, Maurice Schumann, Chaban-Delmas, etc.

6 000 hommes Derrière la tribune, un car-radio stationne d'où le commissaire Bourde dirige ses services.

Ce jour-là, il a sous ses ordres 1 500 gardiens de la paix, 30 compagnies de gendarmes républicains ; 6 compagnies de C.R.S.; 300 inspecteurs en civil qui sillonnent sans arrêt la foule ou sont postés aux balcons des immeubles ou sur les toits ; 46 motocyclistes qui remontent et descendent sans cesse à vive allure les boulevards se terminant place de la République, et enfin, 12 compagnies d'intervention munies d'un équipement spécial, qui sont placées au nord-ouest et au nord-est de la place, parfois à plusieurs kilomètres de celle-ci.

Soit, en tout, plus de 6 000 hommes.

A partir de 16h30, la foule, par deux accès, commence à remplir les rues de Turbigo et du Temple, ainsi que les boulevards de Strasbourg et Saint-Martin, la place des Arts-et-Métiers, et, bientôt, toutes les rues d'accès à la place de la République.

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