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« Mais qu’est-ce qu’on peut jeter comme déchets ! » : son job d’éboueur a déclenché une prise de conscience écologique

Ouest-France ·
« Mais qu’est-ce qu’on peut jeter comme déchets ! » : son job d’éboueur a déclenché une prise de conscience écologique

Quels sont vos souvenirs les plus marquants de vos « jobs d’été » ? Dominique Lardy (courriel) a répondu à notre appel à témoignages , dans le cadre de notre rubrique « Courrier des lectrices et des lecteurs ». Voici son récit… :

« L’été, la communauté urbaine du Mans embauchait des jeunes pour être éboueurs (appelés maintenant ripeurs ou agents de salubrité). Cet été 1993, je venais d’avoir le bac et j’étais content de travailler l’été. Avant de commencer, nous avions eu une journée de formation sur les gestes et postures.

Il fallait être à l’heure car les tournées partaient à 5 heures pétantes ! Et malheur aux retardataires. Cela m’est arrivé une fois, car pour aller travailler, je prenais la vieille R5 essence de maman (celle avec le starter !). Un matin, j’avais calé à un feu et noyé le moteur… J’étais arrivé 10 minutes en retard. Par conséquent, j’avais été affecté sur un chantier désaffecté. C’était une autre facette du métier. […]

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La tournée partait donc à 5 heures. Nous étions trois : le chauffeur, le jeune et un agent expérimenté. Certains chauffeurs allaient vite. Il fallait prendre les poubelles, les vider dans la benne, les reposer… et ensuite courir derrière le camion pour continuer.

Je me souviens de sacs-poubelle mal fermés. Heureusement que nous avions des gants ! À l’époque, il n’y avait pas de centres de tri sélectifs . Certaines personnes taillaient leurs haies et tassaient les branches ou l’herbe dans des sacs-poubelle. Ces derniers étaient lourds et les collègues - pour être poli -, n’étaient pas très contents. Parfois, il y avait une trentaine de sacs !

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Les tournées passaient tous les deux ou trois jours. Quand deux ou trois jours plus tard, je découvrais les poubelles toujours aussi pleines, je me disais : « Mais qu’est-ce qu’on peut jeter comme déchets ! ». Cela a été ma première prise de conscience écologique.

Quand il faisait beau, c’était agréable. Mais lorsqu’il y avait de la pluie, c’était plus compliqué. J’ai même glissé une fois sur un trottoir, heureusement sans gravité. Avec une partie de cette paie, j’ai pu m’acheter plus tard ma première voiture… Une Super 5.

Depuis cet été-là, dès que je croise un camion poubelle, j’ai toujours une pensée pour ce premier job d’été. Et un immense respect pour ces personnes qui font un métier difficile. »

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