"Il faut en parler et en reparler": mal accompagnée, la dépression post-partum est dangereuse pour la mère et les enfants
Le procès aux États-Unis de Lindsay Clancy, jugée pour un triple infanticide, met en lumière les enjeux autour de la santé mentale des mères. Ses avocats affirment qu'elle était atteinte d'une psychose puerpérale, un trouble rare qui est une urgence psychiatrique. La dépression du post-partum, plus commune, peut également avoir des conséquences dramatiques. Cora, 5 ans, Dawson, 3 ans, et Callan 8 mois. Il s'agit des trois enfants de Lindsay et Patrick Clancy, retrouvés morts à leur domicile en 2023 aux États-Unis. Depuis fin juillet, leur mère est jugée pour ce triple infanticide , dans un procès qui divise l'Amérique.
Ce dernier met en effet en lumière les enjeux autour de la santé mentale des mères: les avocats de Lindsay Clancy estiment qu'elle ne peut pas être responsable pénalement de ces meurtres, car elle souffrait alors d'une psychose puerpérale. Sur les réseaux sociaux, de nombreuses femmes ont pris la défense de l'infirmière américaine, voyant dans l'affaire un symbole du manque d'accompagnement des femmes lors du post-partum.
La psychose puerpérale est un trouble rare qui survient le plus souvent dans les deux semaines après l'accouchement. Cet épisode psychotique est une urgence psychiatrique qui entraîne de forts risques de suicide et d'infanticide. Selon l'association Maman Blues , elle se manifeste par une incapacité à trouver le sommeil, des pertes de mémoire importantes, un état de forte agitation, des hallucinations, des sentiments d'incapacité, d'être menacée, des propos incohérents sur l'enfant...
Si les cas de psychoses puerpérales sont rares ( une à deux femmes sur 1.000 ), la période périnatale (de la grossesse à la première année de l'enfant) est particulièrement sensible pour la santé mentale des femmes. La dépression du post-partum touche ainsi 10 à 20% des femmes après l'accouchement, selon les autorités sanitaires françaises.
Contrairement au baby blues , une baisse de moral passagère liée aux hormones et au bouleversement de vie que représente la parentalité, la dépression du post-partum est un trouble de l'humeur qui s'installe dans le temps.
Méconnue, sous-diagnostiquée... Une femme sur 6 touchée par la dépression post-partum 20:08 C'est ce qui est arrivé à Elise Marcende. Il y a 16 ans, alors enceinte de son premier enfant, elle développe un profond mal-être. Celui-ci prend la forme d'une anxiété "autour de tout": "la maladie, la peur de mourir, la grossesse...". "À l'arrivée de ma fille, je ne dormais plus, je ne mangeais plus, j'avais pris seulement quatre kilos pendant la grossesse", témoigne-t-elle.
Sa dépression s'aggrave après l'accouchement. "À la sortie de la maternité j'ai décompensé le jour même, je n'étais plus capable de prendre des décisions, j'étais dans un état de sidération", décrit-elle. Elise Marcende a alors pu être prise en charge pendant deux mois dans une clinique psychiatrique.
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