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Économie

Liquidée puis reprise par un concurrent, cette PME révèle l’autre visage des défaillances d’entreprises

Challenges ·
Liquidée puis reprise par un concurrent, cette PME révèle l’autre visage des défaillances d’entreprises

La vie après la défaillance 3/3 - Alors que les défaillances d’entreprises se multiplient, Challenges vous fait découvrir le sort de trois entreprises après leurs procédures collectives. Aujourd’hui, la PME Arial qui a racheté l’activité de Studiel, l’un de ses concurrents après sa liquidation judiciaire.

Il existe une réalité qui échappe aux statistiques des défaillances d’entreprises. Peu documenté, ce phénomène nuance pourtant le tableau préoccupant dressé par les chiffres des défaillances de PME. Lorsqu’une entreprise est liquidée, il arrive que son fonds de commerce soit racheté par un autre groupe et que les emplois soient conservés. Dès lors, l’entreprise est comptée parmi les liquidations judiciaires mais nul ne comptabilise ensuite la reprise d’activité par un concurrent. C’est ce qui est arrivé pour Studiel, placée en redressement judiciaire en juillet 2025 puis liquidée en décembre.

L’entreprise, Spécialisée dans l’intelligence économique et l’ingénierie pour les secteurs de la défense et de l’aérospatial, souffrait de difficultés chroniques de trésorerie. Des problèmes de recrutement sur plusieurs postes stratégiques ont également aggravé la situation, jusqu’à conduire l’entreprise à l’ouverture d’une procédure collective.

Au cours de celle-ci, sept offres de reprises sont présentées au tribunal de commerce de Nice. Parmi elle, figure celle d’Arial Industries, une PME concurrente depuis vingt ans. « Notre proposition n’était pas la mieux-disante mais le projet était le plus abouti » , souligne Floraine Baritel qui a accompagné Arial Industries sur ce dossier pour Rydge Conseil (ex- KPMG ), un cabinet spécialisé en restructuration de PME. « Notre culture technique est commune et nous parlons le même langage » , abonde Daniel Garcin, le dirigeant d’Arial Industries.

La proposition d’Arial Industries prévoit de conserver la quasi-totalité des salariés. La proximité technique et sectorielle des deux entreprises convainc également le tribunal, qui retient cette offre tout en prononçant la liquidation de Studiel.

Avec un chiffre d’affaires de 15 millions d’euros, Arial Industries présente une assise financière jugée suffisante pour intégrer 126 des 130 salariés de Studiel. Seule l’ancienne direction n’est pas restée. « Le tribunal veut éviter qu’une reprise mal calibrée débouche sur un nouvel échec un an plus tard. Il doit donc s’assurer que le repreneur dispose des moyens nécessaires pour relancer durablement l’activité », explique Floraine Baritel.

À l’issue de l’opération, Arial Industries compte désormais 320 salariés répartis sur plusieurs sites en France. Pour la première fois de son histoire, la société doit mener une opération de reprise et gérer les nombreuses formalités administratives qui l’accompagnent. « Il faut transmettre les nouvelles coordonnées bancaires aux clients, renouveler les commandes et les référencements auprès des fournisseurs, puis transférer les contrats de travail » , énumère Floraine Baritel.

Sur le plan opérationnel, les activités reprises affichent des résultats encourageants depuis leur intégration à la fin de l’année 2025.

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