"On est à bout" : deux jours après l'orage qui a détruit leur village, les habitants dépassés face à l'ampleur des dégâts
Plus de 400 toitures ont été ravagées par la grêle, entre Besançon et Baume-les-Dames, jeudi 27 août. Deux jours après des orages d'une violence inouïe, les secours et les habitants travaillent toujours dans l'urgence, malgré la fatigue.
Il n'a fallu que 10 minutes pour que leur village soit dévasté par la grêle. Ce jeudi 27 août, à 19 heures, des grêlons de la taille de balle de tennis ont ravagé Pouligney dans le Doubs. Dans la commune de 600 habitants, pas une toiture n'a été épargnée. Deux jours après, les habitants et les secours travaillent toujours d’arrache-pied pour tenter de limiter les dégâts.
"Il y a des gens qui n'ont vraiment plus rien du tout" , se désole Marie-Odile Bonnot. La grêle a tout détruit : toitures, voitures, mobiliers extérieurs...
"Il pleut dans les maisons, l'eau s'est infiltrée partout : matelas trempé, plus de moyen de dormir, dressing trempé... On vit dans l'eau" , résume la retraitée. Le toit de son hangar est constellé de trous. "Il est en fibre de ciment, donc il y a de l'amiante, je pense que ça va être compliqué" , soupire l'habitante.
Ce samedi matin, le village est un chantier à ciel ouvert : il faut couvrir les toits le plus rapidement possible. "Il y a à nouveau des menaces de pluies et d'orages" , explique le Contrôleur général Stéphane Beaudoux, directeur du SDIS 25.
110 sapeurs-pompiers sont mobilisés dans le Doubs pour aider la population. Des renforts ont été dépêchés de Haute-Saône, du Jura, de Côte d'Or et du Haut-Rhin. "Normalement, couvrir les toitures, c'est plutôt le métier des couvreurs, sauf que si nous ne le faisons pas, compte tenu du nombre de toitures sinistrées, ils ne pourront pas toutes les faire".
Un long travail : "En 2022, nous avons vécu un épisode orageux et grêleux sur le Haut-Doubs qui nous a mobilisés plus d'une semaine" , se rappelle le directeur du SDIS, "on a vu pendant pratiquement un an des bâches sur les maisons". Le temps que les assurances se prononcent et règlent les litiges, puis que les couvreurs puissent intervenir sur tous les toits. "Nous n'allons pas faire du travail d'urgence qui dure quelques jours, mais du travail qui puisse rester".
Plus de 400 toitures sinistrées ont été signalées aux secours entre Besançon et Baume-les-Dames et les demandes continuent d'arriver.
L'émotion étrangle Nathalie: "je suis au bout de ma vie, c'est compliqué". "Le contrecoup, la fatigue... On n’a pas dormi depuis deux nuits, on est à bout" , répète-t-elle. Dans le jardin, les tas de briques brisées s'accumulent. Son fils tente tant bien que mal de colmater les trous du toit de la petite dépendance, mais pour leur grande maison, ils se retrouvent démunis : "s'il pleut, on a tout dans la maison, dans les chambres. On a déjà eu de l'humidité, on n'a pas pu allumer le compteur parce qu'il y a eu de l'eau dessus".
"Les pompiers ont privilégié les petites maisons, c'est normal, quand ils font 10 maisons, ils ne font que la nôtre", explique l'habitante de Pouligney. "J'ai un super artisan qui m'a fait comprendre qu'il ne pourrait pas, il a trop de demandes...
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