« Trois adieux » d’Isabel Coixet avec une Alba Rohrwacher magistrale
C’est l’une des plus grandes actrices européennes d’aujourd’hui et… un secret encore trop caché, tant sa discrétion naturelle hors du plateau contraste avec l’intensité qu’elle déploie devant la caméra. Mais ceux qui ont eu la chance d’admirer Alba Rohrwacher chez ses compatriotes italiens - Luca Guadagnino ( Melissa P. ), Marco Bellocchio ( La Belle endormie ), Saverio Costanzo ( Hungry hearts qui lui a valu le prix d’interprétation à la Mostra de Venise en 2015) mais aussi Arnaud Desplechin ( Les Fantômes d’Ismaël ) ou encore Stéphane Brizé ( Hors-saison ) - sont ressortis de la salle épatés par sa manière d’embrasser un personnage à chaque fois différente.
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Sans méthode à appliquer et avec cette sensation de liberté et de naturel derrière lesquels le travail s’efface. Trois adieux en apporte une nouvelle preuve. Elle campe ici une enseignante qui apprend qu’elle est atteinte d’une maladie grave et incurable. Au lieu de glisser peu à peu vers la mort, celle-ci va dès lors développer un appétit de vivre inédit chez elle. Dans ses amours, ses amitiés mais plus largement la manière enthousiaste et lumineuse d’envisager l’existence.
Isabel Coixet qui avait déjà si bien parlé de fin de vie et de deuil dans Ma vie sans moi (2003) avec Sarah Polley adapte ici le livre de Michela Murgia qui a vécu ce que traverse son héroïne avant de s’éteindre en 2023 à seulement 51 ans. La réalisatrice assume pleinement le côté mélo de son film sans jamais verser dans le sirupeux. Elle le doit à sa mise en scène qui nous fait aussi découvrir une Rome loin des clichés touristiques, mais évidemment aussi à son interprète principale qui traduit à chaque instant le côté insaisissable de son personnage et permet au récit de fuir des sentiers balisés.
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