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Sanctions contre la CPI : "C’est difficile, mais cela ne nous empêchera pas de faire notre travail"

France 24 ·
Sanctions contre la CPI : "C’est difficile, mais cela ne nous empêchera pas de faire notre travail"

Depuis la révocation de son procureur, Mame Mandiaye Niang assure l'intérim à la tête de la Cour pénale internationale. Alors que l'institution crée en 2002 traverse une crise inédite, le haut magistrat sénégalais a défendu sur France 24 le bilan de la CPI, notamment le mandat d'arrêt délivré contre le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, et qui valent à la Cour des sanctions de la part des États-Unis.

Par : FRANCE 24 Crise de la gouvernance, contestestation de sa légitimité, pressions diplomatiques et financières... la Cour pénale internationale (CPI) traverse une zone de fortes turbulences. Depuis qu’elle a délivré un mandat d’arrêt contre Vladimir Poutine en mars 2023, puis contre Benjamin Netanyahu en novembre 2024, les vents contraires se sont multipliés pour le tribunal de La Haye.

Après des sanctions de la part de la Russie, qui criminalise toute coopération avec l'institution, Washington a ciblé 13 responsables et promis son "démantèlement". L'autorité de la Cour a également été ébranlée par le départ coordonné des pays de l'Alliance des États du Sahel (AES) puis du Tchad et du Venezuela en juillet 2026. Enfin, l'avenir de la CPI s'est encore obscurci avec le départ forcé du procureur Karim Khan , visé par des allégations d'agression sexuelle.

À voir aussi Pourquoi le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad quittent-ils la Cour pénale internationale ?

En pleine tempête, son adjoint, Mame Mandiaye Niang, assure l'intérim. Figure emblématique de la justice internationale, le haut magistrat sénégalais reconnaît sur l'antenne de France 24 les difficultés engendrées par les sanctions américaines mais affiche sa détermination à continuer à offrir une alternative aux victimes "lorsqu’aucune justice n’est accessible".

France 24 : Quel est l'objectif de la CPI, et pourquoi ce travail ne peut-il pas simplement être effectué par les différents États ?

Mame Mandiaye Niang : La Cour a été mise en place pour juger les génocides, les crimes contre l’humanité , les crimes de guerre et, plus récemment, le crime d’agression a été ajouté à cette liste. Je ne dirais pas que ces crimes ne peuvent pas être traités au niveau d’un pays. Mais si le système judiciaire national échoue parce qu’il s’est effondré, ou parce qu’il n’y a aucune volonté de s’en saisir, alors il est utile d’avoir une Cour internationale comme la nôtre, pour s’assurer qu’il n’y ait pas de vide dans la lutte contre l’impunité. La plupart du temps, il s’agit simplement de combler une lacune. Je pense que nous constituons une alternative, afin d’offrir véritablement une justice à toutes les victimes.

Vous avez notamment suscité la colère de Donald Trump, il y a maintenant près de deux ans, lorsque la Cour a émis des mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et l’ancien ministre de la Défense Yoav Gallant, concernant les actions d’Israël à Gaza. Feriez-vous de même aujourd’hui ?

Oui, absolument. Je pense que ce que les gens doivent comprendre ici, c’est que nous intervenons lorsque nous sommes légalement et légitimement saisis pour le faire.

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