"Une défaite de Trump pourrait le rendre totalement incontrôlable" : le mauvais pressentiment de David Frum, ex-plume de Bush
Il est l’un des observateurs les plus avisés de la vie politique américaine et connaît Donald Trump par cœur, bien qu’il ne le porte pas dans le sien.
Le néoconservateur David Frum , ancienne plume de George W.
Bush et chroniqueur au prestigieux magazine The Atlantic , livrait déjà à L’Express, quelques mois avant la réélection du président milliardaire, cette analyse prémonitoire : "En cas de second mandat, il sera toujours aussi paresseux, mais il saura ce qu’il veut faire : se venger.
Et il sera entouré de personnes qui voudront l’aider".
Autre prédiction qui s'est vérifiée : celle d’un président prêt à "détruire ses alliances" avec les partenaires traditionnels des Etats-Unis.
Nous avons de nouveau sollicité l’auteur de Trumpocalypse (Harper, 2020, non traduit) pour savoir si, après deux années marquées par une politique étrangère tonitruante et d’extrêmes tensions intérieures, Donald Trump continuera sur cette lancée jusqu’en 2028.
David Frum décrit un président dont "l'appât du gain personnel dicte la politique étrangère américaine", et qui s'est lui-même affaibli en rompant avec ses alliés.
Plus inquiétant encore, selon lui : le dirigeant de la première puissance mondiale ne saurait peut-être même plus distinguer ses propres mensonges de la réalité.
Quant aux midterms , une défaite républicaine pourrait paradoxalement le "libérer" et le rendre "totalement incontrôlable" après les élections.
Entretien.
L'Express : Les élections de mi-mandat peuvent-elles changer le cours du second mandat de Donald Trump ? David Frum : Nous ne savons pas encore si les démocrates remporteront les deux chambres du Congrès ou seulement l’une d’entre elles.
Et il est très difficile de faire des prévisions à ce sujet, car dans l’ensemble du monde occidental, on observe depuis une vingtaine d’années un biais systématique dans les sondages : les électeurs qui se sont désengagés du système ont tendance à ne pas y participer non plus.
Or, il y a trente ans, ces personnes n’étaient pas réparties de manière aléatoire ; celles qui étaient désengagées avaient des points de vue très variés, ce qui faisait qu’elles s’annulaient mutuellement.
Aujourd’hui, celles qui se sentent étrangères au système ont tendance à se situer à droite.
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