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« Salaires, travaux, loisirs… Nous mettions tout en commun » : ce job d’été était une expérience communautaire

Ouest-France ·
« Salaires, travaux, loisirs… Nous mettions tout en commun » : ce job d’été était une expérience communautaire

Quels sont vos souvenirs les plus marquants de vos « jobs d’été » ? Jean-Marie Rigault (Manche) a répondu à notre appel à témoignages, dans le cadre de notre rubrique « Courrier des lectrices et des lecteurs » . Voici son récit… :

« Votre collecte de souvenirs concernant les jobs d’été m’incite à partager une expérience peu commune qui inspire encore aujourd’hui ma conception du « vivre ensemble ». Dans les années 1969-1971 – je venais d’avoir 20 ans et je commençais des études de philosophie –, j’ai participé à l’organisation et à l’animation d’un camp de jeunes lycéens et d’étudiants autour d’une activité agricole : la cueillette de fruits dans une pépinière du Vaucluse, à Valréas précisément.

L’idée de ce camp était née, peu après les débats sociaux de mai 1968, dans l’aumônerie d’un lycée public d’Argentan (Orne). Nous étions alors un certain nombre à être engagés dans la Jeunesse étudiante chrétienne. À cette époque, les aumôneries de l’enseignement public accueillaient volontiers, dans un esprit d’ouverture et de dialogue, des jeunes dont les valeurs n’étaient pas fondées sur le message chrétien, mais qui partageaient le même idéal de justice, de liberté et de fraternité pour les humains.

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Répartis en deux groupes, en fonction des lieux d’hébergement, nous mettions tout en commun : salaires, travaux de cueillette, organisation des repas, choix des loisirs… Chaque groupe avait son mode de fonctionnement, mais nous nous retrouvions pour des moments collectifs.

Tous les jours, deux membres de chaque groupe assuraient la préparation des repas et des pauses. Deux par deux nous remontions les allées des vergers pour effectuer la cueillette des abricots, des pêches ou des nectarines ! Nous apprenions à connaître les différentes espèces et leurs signes de maturité.

Nos employeurs lièrent des liens amicaux avec nous les organisateurs et avec les jeunes ! Ils apprirent à compter sur le sérieux de tous, étonnés parfois par notre engagement dans cette organisation communautaire. L’humour n’était pas exclu, de part et d’autre. Pour celles et ceux qui le souhaitaient, une célébration chrétienne du dimanche était proposée. Nous goûtions les manifestations culturelles, celles se déroulant à Orange notamment.

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Plusieurs couples qui durent encore aujourd’hui allaient naître de cette communauté ; deux participants sont devenus prêtres, dont un, prêtre-ouvrier. Ce « vivre ensemble », basé sur le respect mutuel, continue à me persuader que la démocratie participative est possible… »

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