Rentrée littéraire : la performance artistique hors norme d'Antoine Volodine qui publie onze romans chez onze éditeurs différents
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Cette production inédite dans l'histoire littéraire française vise à clore en "feu d'artifice" sa longue carrière d'écrivain.
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Article rédigé par franceinfo Culture avec AFP France Télévisions - Rédaction Culture Publié le 13/08/2026 17:35 Temps de lecture : 2min À partir du 24 août, les étals des librairies vont proposer onze livres publiés par onze maisons d'édition de premier plan (Robert Laffont, Seuil, Actes Sud, Minuit...) ou moins connues (La Volte, Verdier...). Sur leurs couvertures, s'affiche la même signature : Infernus Iohannes. Un nom étrange derrière lequel se cache l'un des écrivains les plus inclassables de la littérature française, Jean Desvignes, qui a toujours signé sous des pseudonymes, dont le plus connu est Antoine Volodine. Il a notamment reçu le prix Médicis pour Terminus radieux en 2014 et le prix Inter pour Des anges mineurs en 2000.
Ces onze livres, de 150 à 320 pages chacun, portent des titres plus ou moins bizarres : Ultimes sursauts , Mémoire, mode d'effroi , Survies minuscules ou Malaise chez les plongeuses . Ils ont tous pour sous-titre Retour au goudron , le titre générique de la série et celui du dernier ouvrage. "C'est un geste artistique qui marque la fin" , explique à l'AFP l'écrivain septuagénaire en mettant en avant la vieillesse et la maladie.
L'ambitieux projet est en gestation depuis les années 1980 lorsqu'il crée le "post-exotisme", "un univers littéraire fermé, hermétique, mais avec plusieurs voix" , qui sont celles de ses différents noms d'auteurs, qui ont "chacun leur personnalité" . Retour au goudron est, comme il l'avait prévu, le 49e et ultime tome de cette performance littéraire. Il se termine par la phrase "Je me tais" , comme l'avait annoncé Antoine Volodine "il y a plusieurs décennies" .
"Mille et une histoires" , répond l'écrivain quant à savoir de quoi parlent ses onze ouvrages. Autant de plongées dans des mondes rêvés, fantomatiques, parfois hallucinés. La plupart ne sont "pas très joyeuses" , reconnaît-il. Car "tout l'univers du post-exotisme est là : cruauté, absurdité, humour du désastre et, au fond, une transfiguration désespérée du monde contemporain" . Il reconnaît être hanté par "la mémoire des catastrophes du XXe siècle : les guerres, les génocides et l'échec des révolutions" .
Féru de cultures asiatiques, Antoine Volodine met en scène des personnages lors de leur passage dans les limbes entre la vie et la mort, correspondant au "bardo" dans la religion bouddhiste. Cependant, "l'humour est partout présent" , affirme-t-il. Même s'il est grinçant. "Il n'y a pas d'ordre, donc on peut commencer par l'un ou l'autre des onze livres, qui se lisent indépendamment" , indique Antoine Volodine, en espérant que les librairies les garderont en stock pendant un certain temps. Il explique s'être adapté à la culture éditoriale de chacune des onze maisons d'édition en diversifiant les genres : récits courts, contes, dialogues, ajout de photos...
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