Une pelouse détruite par la canicule est-elle vraiment une « circonstance exceptionnelle » ? Pourquoi le PSG ne doit pas être à nouveau favorisé par la Ligue
Où aura lieu le match retour de Ligue 1 entre le PSG et Rennes, en mars prochain ? Derrière cette décision attendue vendredi se cache un enjeu majeur : celui de savoir si les doubles champions d’Europe restent ou pas les gros chouchous de la LFP. On espère que non.
Si vous fréquentez les terminaux d’Orly ou de Roissy-Charles de Gaulle avant la fin de l’été, ne passez pas à côté des présentoirs qui proposent gratuitement le magazine trimestriel des aéroports de la capitale, « Paris vous aime », sans en attraper un exemplaire. A la page 82, vous pourrez lire un passionnant entretien avec Jonathan Calderwood, le « grounds manager » du Paris Saint-Germain . Le Nord-Irlandais aux faux airs de Winston Churchill déteste qu’on le qualifie de simple « jardinier ». Celui qui a bichonné les pelouses anglaises de Wembley et de Villa Park avant de prendre soin du gazon du Parc des Princes, depuis 2013, se considère plutôt comme un ingénieur.
Il rappelle ses quatre années d’étude (1995-1998) à l’université de Myerscough en « turfgrass science and management » (science des pelouses et management), son staff d’une cinquantaine de spécialistes et les outils mis à sa disposition : des râteaux certes mais aussi et surtout un chauffage souterrain, des rampes lumineuses à UV, des fibres synthétiques, des nutriments calculés « au millimètre » et même des faucons chargés d’éloigner les pigeons mangeurs de graines ! Car le défi est immense : « Peu importe qu’il fasse – 6° C ou 44° C, le terrain doit être parfait ! Comme un joueur ou un entraîneur, on doit être performant chaque jour » assène Jonathan Calderwood, le Ousmane Dembélé du gazon plus vert que vert dans le numéro 26 de « Paris vous aime ».
Dimanche dernier, il ne faisait que 24°C à Paris, et pourtant le terrain du Parc des Princes était loin d’être « parfait ». Il était même dans un état si lamentable, jaune, sec, pelé, que le Paris Saint-Germain n’a pas pu recevoir comme prévu le Stade Rennais pour la première journée du championnat de Ligue 1. Les deux clubs et la Ligue de football professionnel (LFP) qui organise la compétition, ont décidé ensemble que le match (score final 2-2) serait déplacé à Rennes. Mais le coup d’envoi de la rencontre n’avait même pas encore été donné qu’une polémique éclatait déjà pour savoir où se jouerait le match retour, prévu le week-end des 5-6-7 mars. A nouveau à Rennes comme le prévoit le calendrier et le revendiquent les dirigeants bretons ? Ou au Parc des Princes comme l’exige l’entraîneur du PSG, Luis Enrique , au nom du « principe d’égalité » ?
Le règlement de la Ligue de football professionnel (LFP) se montre, comme souvent, merveilleux d’ambiguïté. Il stipule qu’une inversion de terrain n’a « aucune incidence sur la suite du calendrier, sauf circonstances exceptionnelles » (article 501, point 3). L’état-major parisien s’est évidemment engouffré dans cette brèche des « circonstances exceptionnelles » . Car, voilà, le PSG n’a vraiment pas eu de chance : il a fait très chaud cet été.
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