Drones contre Yandex : les frappes ukrainiennes ont-elles vraiment paralysé les bots russes ?
Les frappes ukrainiennes contre plusieurs centres de données de Yandex ont bien provoqué d’importantes perturbations en Russie. Mais la chute du trafic observée ne suffit pas à démontrer une paralysie des bots russes sur les réseaux sociaux.
De nos jours, quand un data center s’arrête, les conséquences dépassent vite quelques sites inaccessibles. Entre les 8 et 11 octobre derniers, des frappes ukrainiennes ont touché trois importantes installations de Yandex en Russie, à Sasovo, Kalouga et Vladimir. Le site de Vladimir a été mis à l’arrêt et celui de Kalouga partiellement neutralisé. Yandex a également rencontré des difficultés sur plusieurs de ses services.
Pour les entreprises qui avaient confié leurs données au cloud du groupe russe, le problème s’est parfois prolongé bien après la frappe. Reuters rapporte notamment le cas de l'application de rencontre Pulse incapable de récupérer suffisamment rapidement ses données pour redémarrer ailleurs. Le Kremlin reconnaissait encore le 13 octobre que les perturbations étaient suffisamment importantes pour être suivies au niveau gouvernemental.
Les perturbations ont touché des services très concrets du quotidien pour les Russes, notamment les transports, les livraisons ou, encore, certains outils de paiement. La panne illustre surtout une faiblesse familière du cloud. Une application peut disposer de serveurs de secours et rester malgré tout paralysée si ses données, ses sauvegardes ou certains de ses services indispensables dépendent des mêmes infrastructures.
C’est aussi ce qui rend ces frappes ukrainiennes intéressantes au-delà du seul cas russe. La redondance annoncée par un hébergeur ne dispense donc pas ses clients de vérifier quels scénarios de panne elle couvre, où se trouvent leurs sauvegardes et comment rétablir leur activité, si ces protections deviennent insuffisantes.
Les premières mesures publiées après les frappes ukrainiennes ont pu donner l’impression d’un effondrement massif des bots russes, mais leur portée est plus limitée. Le 11 octobre, Cloudflare a en effet mesuré une chute pouvant atteindre 99% du trafic en provenance de Yandex Search vers son réseau, et 90% pour Yandex Cloud.
Ces baisses étaient certes spectaculaires, mais elles concernaient uniquement le trafic issu de ces infrastructures. Elles ne signifiaient donc pas que l’ensemble des bots ou des activités automatisées venant de Russie avait reculé dans les mêmes proportions.
À découvrir Yandex, le “Google russe”, mis à l’arrêt par un drone ukrainien 12 octobre 2026 à 10h43 News Dans le cas de Yandex Search , une large partie de ce qui a disparu correspondait simplement aux robots chargés de parcourir et d’indexer le Web. Les données concernant Yandex Cloud étaient plus intéressantes. Cloudflare a constaté une forte baisse des scans de vulnérabilités et d’autres activités considérées comme malveillantes après les frappes. Mais une partie du trafic automatisé ne s’est pas éteinte pour autant.
Chez un client de Cloudflare spécialisé dans les jeux d’argent, les requêtes ont réapparu chez d’autres hébergeurs russes, notamment Radist et Selectel.
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