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Pelouses cramées et reprise impossible… La sécheresse va-t-elle avoir raison des terrains de foot et de rugby amateurs ?

Ouest-France ·
Pelouses cramées et reprise impossible… La sécheresse va-t-elle avoir raison des terrains de foot et de rugby amateurs ?

Des pelouses cramées, de la terre compacte et beaucoup de poussière : voilà le résultat de quatre canicules estivales sur les terrains de foot et de rugby, et de plus de deux mois sans pluie. À l’heure de la reprise des championnats amateurs, ces terrains deviennent impraticables. Dans l’ouest de la France, la Ligue des Pays de la Loire a choisi de reporter tous les matchs hors coupes nationales. De nombreux calendriers, notamment les rencontres de Coupe de France, doivent être réorganisés pour permettre de disputer les rencontres sur des terrains praticables. Mais alors que ces épisodes de canicule et de sécheresse vont se multiplier dans les prochaines années à cause du réchauffement climatique, est-il possible d’adapter les pelouses pour permettre de disputer des rencontres en août et septembre, à l’avenir ?

Effectivement, la réponse est loin d’être simple. Pour Christophe Gestain, agronome, référent terrain auprès de la Fédération française de rugby et de la Ligue nationale de rugby, il est indispensable d’établir le diagnostic de la situation pour permettre une « stratégie de sortie de crise » . Celle-ci doit prendre en compte la donne actuelle, mais elle doit aussi se projeter sur l’avenir. « Ce qui était encore de l’ordre de l’exceptionnel va devenir normal » , précise le spécialiste. Le plan d’action doit alors comprendre plusieurs leviers.

« Maintenir des pelouses en état sans arrosage est impossible » , détaille Christophe Gestain en préambule. Mais voilà le cœur du problème : l’eau. Et surtout sa rareté en période de sécheresse. Selon les niveaux d’alertes, les autorisations d’arrosages diffèrent, jusqu’à complètement l’interdire pour les terrains de sport. « Le sport est considéré comme une activité non essentielle, donc, en période de tension, la ressource est utilisée à d’autres activités », développe Maël Besson, consultant en transition écologique du sport.

« C’est inconcevable d’arroser les terrains avec de l’eau potable », abonde Christophe Gestain. « Il faut donc trouver où aller chercher la ressource : stockage pendant l’hiver ? Nappes ? » , s’interroge-t-il. La réutilisation des eaux grises pourrait aussi être une solution. Ensuite il faut savoir l’utiliser au mieux. « La qualité de l’arrosage est souvent plus importante que la quantité » , rappelle-t-il.

Les nouvelles températures que connaît la France poussent également à repenser les types de graminées utilisées. « Il va falloir opérer une conversion de flore, avec des graminées que l’on retrouve plus en Espagne et qui sont plus résistants », explique Maël Besson. De son côté, Christophe Gestain appuie sur un point essentiel : « revenir aux fondamentaux de l’agronomie » . « Un sol biodynamique est bien plus résilient, il faut donc le travailler toute l’année et anticiper dès le printemps les périodes de sécheresse » , précise-t-il.

Selon lui, il y a également des leviers de constructions : l’exposition du terrain, la place de la tribune sont des facteurs à prendre en compte. Maël Besson cite également l’initiative prise par l’AS Saint-Étienne pour protéger sa pelouse.

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