Midterms : en Arizona, les démocrates repartent à la conquête du vote latino
De notre envoyée spéciale à Phoenix – À quelques semaines des élections de mi-mandat, les démocrates tentent de séduire l'électorat latino qui avait en partie voté pour Donald Trump en 2024. En Arizona, à Phoenix et dans sa banlieue, les difficultés économiques et la peur des expulsions pèsent sur le quotidien de cette communauté qui représente plus d'un tiers des habitants.
Par : Barbara GABEL "Je ne m'entoure pas de personnes qui soutiennent Trump. C'est une limite très stricte que je me suis fixée." À 21 ans, Jaelyn Sarabia applique ce principe jusque dans sa propre famille, d'origine mexicaine. Dans l'ouest de Phoenix où elle vit, cette étudiante en sciences politiques a cessé de parler à sa tante, qui avait voté pour Donald Trump à la présidentielle de 2024.
Aujourd'hui, sa tante regrette son choix, raconte-t-elle. "Elle se plaint de l'administration et de tout ce qui se passe autour d'elle." Boulangère, elle espérait que le président républicain améliorerait l'économie. Mais les dépenses de son activité ont augmenté avec les droits de douane. Même chose pour son mari, plombier, qui doit régulièrement prendre la route pour travailler. "Le coût de l'essence représente une dépense vraiment importante pour eux."
La mère de Jaelyn, America Prieto, 40 ans, s'inquiète aussi des divisions que le vote Trump peut provoquer dans leur famille. Née au Mexique , elle est arrivée aux États-Unis enfant, avec ses parents et sa sœur. Elle n'a obtenu la nationalité américaine que trois ans auparavant et vote démocrate. Mais elle préfère éviter les discussions politiques en famille. "Lorsque les questions d'immigration touchent notre propre famille, cela finit par tous nous affecter. Mais chacun reste libre de voter pour qui il veut."
Sa fille, elle, ne parvient pas à prendre autant de distance. "En tant qu'immigrée de première génération, cela me rend très triste. J'ai vraiment le cœur brisé de voir toutes ces familles déchirées et de constater que des gens soutiennent les méthodes utilisées", se désole Jaelyn, en référence aux opérations de la police fédérale de l'immigration, l'ICE .
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Dans le comté de Maricopa, qui englobe Phoenix et sa banlieue – et dont un tiers des habitants sont hispaniques –, parler politique n'est pas toujours chose aisée. Dans la rue, les refus se succèdent. Plusieurs commerçants préfèrent garder le silence, par crainte de répercussions dans leur entourage familial ou au sein de leur communauté.
Un restaurateur qui vote Trump accepte de nous parler, mais pas publiquement : il veut encore voir ce que donneront les deux prochaines années, sans assumer ce choix auprès d'un média. D'autres commerçants nous confient leur inquiétude : des gérants du quartier ont été expulsés et leurs commerces ont fermé. Ils craignent de subir le même sort.
La tension est palpable à quelques semaines des élections de mi-mandat , qui se tiendront le 3 novembre. Lors de la dernière présidentielle en 2024, Donald Trump a recueilli 46 % des voix des électeurs latinos contre 32 % en 2020 .
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