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Cambodge : la fille du principal opposant nommée « envoyée spéciale » du Premier ministre

Ouest-France ·
Cambodge : la fille du principal opposant nommée « envoyée spéciale » du Premier ministre

Un décret royal rendu public en début de semaine au Cambodge a révélé que Kem Monovithya, fille du principal opposant au gouvernement, avait été nommée « envoyée spéciale » du Premier ministre à la demande de ce dernier, ce qui lui confère un rang égal à celui de ministre.

Son père, Kem Sokha, a été condamné en 2023 à 27 ans de prison pour trahison , après avoir été reconnu coupable d’avoir comploté avec des agents étrangers dans le but de renverser le gouvernement de Hun Sen, père de l’actuel Premier ministre.

Il a été gracié en mai, mais il n’a toujours pas le droit de se présenter à des élections.

La famille dirigeante, qui exerce le pouvoir au Cambodge depuis des décennies, a une longue histoire de cooptation avec l’opposition, Hun Sen ayant offert des postes gouvernementaux à des responsables et militants adverses.

L’ancien chef du gouvernement, toujours très influent au Cambodge, et Kem Sokha se sont rencontrés pendant trois heures ce week-end, tandis que la semaine dernière, Hun Manet a dit avoir rencontré Kem Monovithya.

« Kem Sokha a été neutralisé » par cette nomination, a déclaré l’analyste politique Ou Virak à l’ Agence France-Presse (AFP) .

« Cela va définitivement affaiblir une opposition déjà très affaiblie » , a-t-il estimé. « Vous verrez l’opposition se diviser encore plus » , a-t-il ajouté.

Le parti royaliste Funcinpec, qui avait remporté en 1993 les élections au Cambodge, organisées sous l’égide de l’ONU, a été diminué après des années au sein du gouvernement de Hun Sen.

Hun Sen a quitté le pouvoir en 2023 et l’a transmis à son fils Hun Manet .

Pour Ou Virak, la nomination de la fille de Kem Sokha « s’inscrit dans le cadre de la tactique du parti au pouvoir » .

Kem Sokha va paraître comme « trop proche du parti au pouvoir » , provoquant ainsi la désillusion des partisans de l’opposition, a ajouté l’analyste.

L’opposant s’est présenté pour la première fois aux élections législatives de 1993, les premières dans le pays après des années de guerre civile et le génocide perpétré par les Khmers Rouges au cours des 1970.

Il s’est retiré de la scène politique en 2002 pour fonder le Centre cambodgien des droits humains.

Cinq ans plus tard, il a fait son retour en politique avec le nouveau Parti des droits de l’homme, qui a ensuite fusionné avec le mouvement de la figure de proue de l’opposition Sam Rainsy, pour former le Parti du sauvetage national du Cambodge (PSNC).

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