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Sur les bancs, la Ligue 1 n’a jamais connu une telle valse des entraîneurs

Ouest-France ·
Sur les bancs, la Ligue 1 n’a jamais connu une telle valse des entraîneurs

Une valse à trois temps, elle offre encore du temps… Mais une valse à douze temps, c’est beaucoup plus troublant. Difficile est la vie des supporters depuis quelque temps, tant les chaises musicales des entraîneurs de Ligue 1 ont animé le début de l’été. Le chiffre parle de lui-même : 14 coaches sur les 18 clubs alignés lors de l’exercice 2025-26 ont quitté leurs fonctions, douze si l’on ne compte pas les deux relégués, Metz et Nantes, remplacés par les promus Troyes et Le Mans, qui ont logiquement conforté leur entraîneur respectif, Stéphane Dumont et Patrick Videira. Seuls Luis Enrique (PSG), Franck Haise (Stade Rennais), Paulo Fonseca (Lyon) et Didier Digard (Le Havre) ont continué. Un record.

En avril, les départs d’Olivier Pantaloni du FC Lorient et de Carles Martinez Novell de Toulouse annonçaient la couleur de l’intersaison. Bruno Genesio (Lille), Alexandre Dujeux (Angers), Christophe Pélissier (Auxerre), Sébastien Pocognoli (Monaco), Pierre Sage (Lens) et Claude Puel (Nice) ont suivi le mouvement. Le Paris FC s’est séparé d’Antoine Kombouaré et l’OM d’Habib Beye. Strasbourg a vu son entraîneur Gary O’Neil partir en Angleterre (Ipswich Town). Onze est un record. À ce chiffre s’ajoute malheureusement la mort d’Éric Roy avec le Stade Brestois, le 17 juin.

Douze nouveaux coaches ont donc pris leur place à l’intersaison. Un record au XXIe siècle alors que la moyenne sur les 25 dernières saisons est de 5,4 nominations. L’an dernier, par exemple, seuls deux nouveaux entraîneurs avaient été appelés (Luis Castro à Nantes, Sage à Lens).

Sur les 12 nouveaux coaches, plus de la moitié sont étrangers (58 %). Dino Toppmöller (RC Lens) est Allemand, Jens Berthel Askou (Toulouse) est Danois, Will Still (Auxerre) est Belgo-Britannique, Davide Ancelotti (Losc) est Italien, Liam Rosenior (PFC) est Anglais, Filipe Luis (AS Monaco) est Brésilien et Hugo Oliveira (Strasbourg) est Portugais. Les cinq autres sont français et ont déjà été dans la lessiveuse qu’est le championnat de France : Genesio (OM), Gilli (Angers), Pantaloni (Nice), Dujeux (Lorient) et Julien Lachuer, le nouvel entraîneur de Brest, adjoint de Roy depuis janvier 2023.

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La Ligue 1 est donc de plus en plus séduite par les profils étrangers. Une nette évolution par rapport au début du XXIe siècle puisqu’en 2001 et 2002, 14 des 16 nouveaux coachs étaient Français.

Avec ces chiffres, une chose saute aux yeux : l’instabilité. Seul Luis Enrique, coach du PSG depuis trois ans, résiste à ce mercato frénétique. Les motifs de ruptures sont nombreux (mauvais résultats, offres alléchantes, nouveau cycle…) mais ils témoignent surtout d’un paysage footballistique en pleine mutation. La crise des droits télé pousse les clubs à faire des économies (ventes des meilleurs éléments) et à se tourner vers des entraîneurs plus jeunes et moins expérimentés (onze des dix-huit qui débuteront la nouvelle saison ont moins de 50 ans). S’ajoutent à cela la pression du résultat, la culture de l’instant et la loi du marché.

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