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La France face au chaos : quand la politique n’est (malheureusement) plus la solution

L'Express ·
La France face au chaos : quand la politique n’est (malheureusement) plus la solution

"La dégradation de l’Etat qui va se précipitant.

L’unité française immédiatement menacée. (…) Dans la métropole, des mouvements en sens opposé renforçant d’heure en heure leur passion et leur action. (…) Notre position internationale battue en brèche jusqu’au sein même de nos alliances.

Telle est la situation du pays.

En ce temps même où tant de chances, à tant d’égards, s’offrent à la France, elle se trouve menacée de dislocation et peut-être de guerre civile." Toute ressemblance etc.

Nous sommes le 1 er juin 1958, le général de Gaulle , appelé par le président René Coty, se présente devant l’Assemblée nationale.

"C’est dans ces conditions que je me suis proposé pour tenter de conduire une fois de plus au salut le pays, l’Etat, la République." Puis il annonce que son gouvernement demandera les pleins pouvoirs pour six mois.

La Ve République est en passe de naître, pour tenter de mettre un terme à "la confusion et, par là même, l’impuissance des pouvoirs".

Des mairies, celles de Marseille et de Lille, attaquées, des places historiques, à Paris et Bordeaux, dévastées, des pompiers caillassés, les locaux d’un groupe de presse, ceux d’Europe 1 et CNews, vandalisés : est-ce ainsi qu’un pays vacille ? Le 17 octobre laissera des traces.

Le mouvement lycéen se trouve pris en otage par une vague qui le dépasse et qui fracture encore davantage une nation qui semble ne plus avoir grand-chose en commun.

Comment la France peut-elle se relever du chaos dans lequel elle a plongé samedi ? La réponse il y a 68 ans pouvait encore être politique.

L’Etat le permettait, les institutions, à condition d’être changées de fond en comble, le permettaient.

Et De Gaulle, selon une formule de Jacques Chirac en 1995, "était de ces figures qui, du chaos, surent tirer la victoire".

La liste des prétendants à l’Elysée est aujourd’hui longue comme le bras et c’est ne faire injure à aucun d’eux que d’avouer qu’on ne distingue pas bien celui qui aurait la poigne nécessaire pour remettre le pays d’aplomb.

Depuis son élection, Emmanuel Macron a beaucoup condamné les exactions.

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