Face au changement climatique, faut-il changer le modèle économique de l'eau ?
Au cœur de tous les bouleversements climatiques, l'eau est évidement l'enjeu majeur ! A chaque canicule, à chaque nouvelle sécheresse, une prise de conscience, malheureusement fugace, sur la nécessité de préserver ce bien rare et précieux.
A cette crise hydrique vient s'ajouter une crise de ses infrastructures vieillissantes. A tel point qu'un litre sur 5 est perdue du fait de fuite Des problèmes d'entretien auquel s'ajoutent des difficultés de gestion et de gouvernance. Ce modèle économique de l'eau n'est donc plus adapté d'après une note proposée par le conseil d'analyse économique, les trois chercheurs l'ayant rédigé proposent de le modifier, à commencer par le principe sur lequel repose ce modèle aujourd'hui à savoir " l'eau paie l'eau".
En d'autres termes, plus vous consommez plus vous contribuez . Les volumes utilisés et donc payés servent à financer assainissement et entretien de réseaux, un système en contradiction avec les encouragements à la sobriété. Si nous nous mettons à utiliser moins d'eau cela signifie une baisse des redevances et par conséquent une baisse de la qualité des infrastructures. Le modèle doit donc être interrogé estime l'une des rédactrices de la note, l'économiste et membre du conseil d'analyse économique Anne Perrot. Équité du financement de l'eau selon les usages et selon les territoires selon les saisons. Ces trois chercheurs préconisent aussi de réduire le nombre d'opérateur de l'eau car aujourd’hui, la France compte plus de 24000 services publics de l'eau potable et de l’assainissement.
Autre combat à mener, et cela pour prévenir les inondations, intensifier la lutte contre l'artificialisation des sols car en plus de provoquer des dégâts humains et matériels, cela compromet la recharge des nappes phréatiques.
Enfin, le développement à grande échelle de la réutilisation des eaux usées est un domaine dans lequel la France accuse un retard considérable. Ces voisins du sud réutilisent 10% pour l’Italie , 12% pour l’Espagne quand la France n'exploite qu'un 1% de ses eaux usées. Preuve que l'image des vertes prairies éternelles est encore bien ancrée dans notre imaginaire .
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