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Mort de la journaliste américaine Gloria Steinem, figure majeure du féminisme

RFI ·
Mort de la journaliste américaine Gloria Steinem, figure majeure du féminisme

La journaliste et essayiste américaine Gloria Steinem, figure majeure du féminisme, est décédée à 92 ans mercredi 2 septembre, a annoncé sa fondation sur son compte Instagram, jeudi 3 septembre. Elle s'est battue pour l'égalité entre les sexes et pour les droits civils et reproductifs des femmes pendant plus de cinq décennies.

« Gloria Steinem s'en est allée paisiblement à son domicile de New York, entourée de proches », a indiqué la Fondation Gloria, sans préciser la cause du décès mais en saluant « près de cent années (...) bien vécues » et consacrées « à œuvrer pour l'égalité jusqu'à la toute fin ».

Cofondatrice et rédactrice en chef consultative du magazine Ms. , elle s'est faite la championne du mouvement féministe dès la fin des années 1960 et a inspiré des générations de femmes.

« De porte-parole réticente à figure emblématique d’un changement positif, son parcours est unique : c’est une figure de proue américaine qui sait s’adresser à nous tous », a déclaré la réalisatrice de cinéma et metteuse en scène de théâtre Julie Taymor à propos de Gloria Steinem dans une interview accordée au New York Times en 2017.

Julie Taymor a réalisé le film The Glorias , sorti en 2020, qui retrace la vie de Gloria Steinem au fil des ans et s’inspire de son autobiographie à succès de 2015, My Life on the Road . Elle a également fait l’objet d’une pièce de théâtre en 2018, Gloria : A Life , et d’un documentaire HBO en 2011, Gloria : In Her Own Words . Gloria Steinem a déclaré qu'elle se considérait comme « une entrepreneuse du changement social ».

« Je ⁠veux rendre justice aux femmes que je rencontre, raconter leurs histoires , a-t-elle déclaré au magazine The New Yorker en 2015. Il s’agit de créer des liens et de me mettre à leur écoute, car on ne peut pas autonomiser les femmes sans écouter leurs histoires . »

Avant de devenir l'une des têtes de proue de ce mouvement, Gloria Steinem fait ses armes dans le journalisme à l'aube des années 1960, une époque où nombre d'Américaines doivent encore obtenir l'autorisation de leur mari pour ouvrir un compte bancaire.

Dans ses articles, elle dénonce les inégalités subies par ses pairs. Elle se fait connaître en 1963 en relatant son infiltration parmi les serveuses en bustier et oreilles de lapin dans un club Playboy de Hugh Hefner, et le sexisme ambiant.

Mais c'est en couvrant une réunion où des femmes qui ont avorté prennent la parole qu'elle dit avoir eu un déclic féministe, en 1969. « Cela a donné un sens à ma propre expérience – j'avais avorté et je ne l'avais dit à personne », écrit plus tard la militante dans New York Magazine.

Le médecin londonien qui avait pratiqué une IVG – alors illégale – en 1957 lui avait fait promettre deux choses : « d'abord que vous ne révélerez mon nom à personne. Ensuite, que vous ferez ce que vous voulez de votre vie ».

Peu à peu, Gloria Steinem passe de l'écriture à la prise de parole publique et s'engage de plus en plus clairement. Prononcer un discours était pourtant effrayant pour une jeune femme manquant de confiance en elle. « Souvent je savais ce que je voulais, mais je m'inquiétais de ce qu'on penserait , confie-t-elle à l'AFP en 2019.

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