Décryptage. Crues meurtrières au Népal et en Chine : une telle catastrophe est-elle possible dans les Alpes ?
Le séisme n’a pas provoqué l’effondrement. C’est l’effondrement qui a provoqué le séisme. Au lendemain de la vague de boue qui a emporté le poste-frontière de Gyirong entre la Chine et le Népal et la vallée népalaise de la Bhote Koshi, faisant des centaines de victimes , c’est l’une des rares certitudes. L’hypothèse sismique a d’abord circulé. « En fait, ça serait plutôt le glissement de terrain et l’effondrement d’une partie du glacier partie avec lui qui aurait généré ce bruit », corrige Olivier Gagliardini, glaciologue à l’Institut des géosciences de l’environnement, à Grenoble (Isère).
Depuis mercredi, un fil de discussion s’est monté entre chercheurs européens, américains, népalais et chinois, qui travaillent sur des images satellitaires pour comprendre comment s’est formée la lave torrentielle qui a emporté avec elle 300 à 400 millions de m 3 de matériaux, dont une partie seulement était de la glace. En février 2021, dans le district de Chamoli, dans l’Himalaya indien, un effondrement comparable en avait mobilisé 30 millions de m 3 de matériaux et fait près de 200 morts et disparus. Un volume 10 fois moins que pour la catastrophe népalaise.
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