"On n’est pas à l’abri du coup de bol": alors que la demande de missiles explose, ce nouveau Patriot deux fois moins cher peut-il arrêter les missiles russes?
L'Ukraine réclame depuis des mois des intercepteurs pour faire face aux missiles balistiques tirés quotidiennement par la Russie. Problème, la demande mondiale est très importante et le temps de production très long. Il doit permettre à l'Ukraine d'intercepter les missiles balistiques russes, mais son coût est très élevé et sa production limitée: le missile Pac-3 MSE, produit par l'Américain Lockheed Martin, est réclamé avec insistance par Volodymyr Zelensky ces derniers mois. Les stocks de son pays s'amenuisent, ne permettant plus à Kiev de faire face aux attaques quotidiennes du Kremlin. Depuis 2023, les livraisons de ces missiles américains ont diminué de près de la moitié, selon le président ukrainien.
Les stocks des pays du Golfe ont drastiquement diminué ces derniers mois, conséquence des attaques iraniennes. Ceux des Américains ont, eux aussi, fondu en raison de la guerre au Moyen-Orient , passant de 2.330 au début de la guerre à environ 800 aujourd'hui. Alors Washington est davantage préoccupé par la reconstitution de son arsenal et de ceux des pays du Golfe qu'à soutenir l'Ukraine.
Alors, pour faire face à l'urgence ukrainienne et pour reconstituer les stocks dans le monde, Lockheed Martin veut accroître sa production. "Dans le cadre d'accords-cadres, le Département américain de la Défense prévoit d'accroître la capacité de production des intercepteurs PAC-3 MSE de 233%, passant d'environ 600 à 2.000 intercepteurs par an d'ici 2030", poursuivent les auteurs de l'étude.
C'est dans ce contexte que, fin juillet, le mastodonte américain de la défense a dévoilé une nouvelle version de son intercepteur, présenté comme plus rapide à produire et deux fois moins coûteux selon le constructeur: le PAC-3 ACE (Adapted Capability Effector).
Alors, comment Lockheed Martin a réduit de moitié les coûts de son intercepteur, passant de 5 à environ 2,5 millions d'euros?
"Nous avons essentiellement modifié l'avant, modifié l'arrière, supprimé les [moteurs de contrôle d'attitude], donc ce n'est plus une question de tir à mort", répond laconiquement le vice-président de l'entreprise américaine, Jason Reynolds.
Le moteur de fusée, le système de guidage et le radar seront moins coûteux. Ces choix ont des conséquences sur les capacités de ce missile qui risque d'être moins efficace face à certains des missiles balistiques les plus avancés utilisés par le Kremlin.
La version MSE de ce missile, la plus performante et employée depuis des années, intercepte le missile balistique ennemi en rentrant en collision et en explosant. On parle d'impact cinétique.
A contrario , cet intercepteur moins onéreux traite la menace en détonant à proximité. "C'est plus à même d'intercepter le bas du spectre, c'est très bien contre des drones ou des avions", analyse Étienne Mercuz.
5News a agrégé ce résumé depuis le flux public du média. L'article complet, avec tout le contexte, est sur www.bfmtv.com — le contenu appartient à BFMTV.