Une véritable « furie mécanique » : on a pris le volant de la Lamborghini Temerario… et on a finalement été conquis par cette supercar
ESSAI – Dans la Lamborghini Temerario, certains pleureront le mélodieux V10 de l’Huracan, sa devancière. A la conduite, les regrets s’envolent. Le V8 hybride rechargeable de 920 ch offre des sensations uniques, d’une violence inouïe. Et le châssis est à la hauteur. De quoi tomber amoureux de cette supercar un peu sage à première vue.
Plus courte que la Revuelto, la Lamborghini Temerario est aussi plus agile.
Dans la foulée des Gallardo et Huracán , la Temerario endosse le rôle de petite Lamborghini. A la lecture de sa fiche technique pourtant, la puissance de 920 ch ne manque pas de faire hausser les sourcils. C’est bien plus que ses rivales (830 ch pour la Ferrari 296 GTB et 700 ch pour la McLaren Artura ). Sa nouvelle mécanique hybride rechargeable a même été bridée pour ne pas piétiner les plates-bandes de sa grande sœur la Revuelto, qui fait office de graal de la marque au taureau. Pour preuve, avec le même attelage, l’Audi Nuvolari atteint 1 001 ch…
Cette sauvagerie contenue se retrouve dans la silhouette. Phares, contours de la prise d’air, découpe du capot arrière… les traits font la part belle aux lignes horizontales, qui calment visuellement l’agressivité de cette supercar, alors que la Revuelto multiplie les arabesques pour exacerber son extravagance. A y regarder de plus près pourtant, la Temerario n’a pas la sublime simplicité monolithique de ses devancières.
L’écope latérale qui se termine en flèche, la juxtaposition de nombreux panneaux de carrosserie à l’arrière ou l’étrange découpe de la peinture bicolore lié au « Allegerita package » (qui allège l’auto de 12,65 kg grâce à de nombreux éléments en carbone) de notre exemplaire d’essai troublent la lecture du dessin. On aurait envie de prendre une gomme pour retirer les détails superflus. L’arrière, toutefois, sidère. Le porte-à-faux orienté vers le haut, qui découvre généreusement les monstrueux pneus arrière (325/30ZR21) ramène aux grandes heures de la carrosserie italienne. On y retrouve un peu des fulgurances géniales de Marcello Gandini lorsqu’il officiait chez Bertone, Lancia Stratos Zero et Alfa Romeo Carabo en tête.
C’est manifeste : tant du point de vue de la mécanique que du style, la Temerario semble vouloir exprimer l’extravagance typique de Lamborghini, sans oser pousser le curseur aussi loin que sa grande sœur. Quant aux clients de ses devancières, vont-ils accepter la disparition du V10, dont le cri à haut régime rappelait les Formule 1 des années 1990 ? Rien n’est moins sûr… « Il est impossible que les clients de l’Huracán s’intéressent à la Temerario, du fait de son architecture mécanique » , nous souffle un spécialiste du marché des supercars.
Il faudrait prendre garde à ne pas condamner trop vite la Lamborghini Temerario. Car les ingénieurs ont eu le champ libre pour développer un nouveau moteur comme bon leur semblait. Le V8 de la Temerario n’a ainsi aucun point commun avec celui du SUV Urus . « Il ne correspondait pas à notre cahier des charges » , nous confie Davide Bizzarri, responsable du développement châssis et moteur de la Temerario.
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