Pèlerinage national 2026 : éloge d’un monde différent
Qui est le plus malade, notre monde ou la personne sur son fauteuil, que le jeune brancardier pousse ? Lourdes est cette cité d’un monde à l’envers, où, dans l’esprit de son évêque, Jean-Marc Micas, ce sont les malades qui y fixent le tempo, à l’inverse de notre société de performance.
À une quarantaine de jours de la visite du pape , les foules chantantes du Pèlerinage national déclinent ce message sans fanfaronner. Une vie réussie n’est pas celle qui vole de victoire en victoire, mais celle qui fait place à la faiblesse et sait l’accompagner. Une vie de riches relations n’est pas celle qui multiplie les connexions, mais celle où les salutations offrent à l’autre le meilleur de sa personne, comme le cardinal Jean-Paul Vesco, archevêque d’Alger a su l’exprimer, fort de son expérience de dialogue interreligieux. Enfin, une vie qui laisse une trace est une vie où l’on sait encore prendre son temps, dans l’incognito d’une rencontre gratuite, et en goûter la valeur, « un contrepoids à la dictature de l’urgence » selon les termes du politiste Gilles Finchelstein dans nos colonnes, le 10 août dernier .
Cette leçon d’une vie différente, mais pas moins réaliste, n’est pas donnée avec surplomb, ni certitude. Elle nous est adressée de la part des gens de la vallée, pourrait-on dire, des gens d’en bas, pèlerins et malades, qui sont un point sensible parmi les plus fiables pour prendre le pouls de notre société et de ses aspirations profondes.
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