"La Dernière Patiente" : un accouchement filmé comme un hold-up
Comme tous les très très bons films La Dernière Patiente est d’abord le portrait d’ Anouk Grinberg , qui est à la fois le sujet, l’enjeu et le défi de l’œuvre.
La rencontre s’est produite au bon moment entre Rémi Bassaler qui réalise son premier long-métrage et l’actrice dont on pensait peut-être qu’elle n’avait plus rien à prouver.
Il dit qu’il a écrit le rôle de Judith pour elle, elle confie de son côté avoir travaillé avec lui au scénario, on dirait qu’ils ont eu ce film ensemble.
En tout cas, on n’est jamais lassé de la manière dont il la filme, avec insistance, à l’affût de chacune des précisions qu’elle offre à son personnage.
Pour incarner ce rôle de médecin, l’actrice a sans doute observé longuement la gestuelle de ses modèles, elle a saisi la dimension théâtrale de ce métier.
Résultat inattendu : on se rend compte en la voyant à quel point les médecins sont les interprètes de leur art.
Mieux ils jouent au médecin, meilleur on se sent, jusqu’à leur cabotinage nous fait du bien.
Je n’ai pas vu tous les films, tous les spectacles d’Anouk Grinberg, mais, après un certain nombre de décennies je réalise qu’elle n’est pas seulement une géniale actrice, pas seulement merveilleuse etcetera, elle est belle.
On peut le lui dire, elle n’est plus une gosse, ça ne va pas la gâter.
En se remémorant ses rôles, je me dis que ses metteurs en scène, et elle aussi peut-être, se sont méfiés de sa beauté.
Genre ça n’est pas le sujet, on ne va pas insister là-dessus, son talent avant tout.
Le timbre si particulier de sa voix ayant ce quelque chose de voilé, comme un tissu qui la protégerait d’une gloire exagérée, et l’en privait.
Il fallait qu’elle en soit arrivée là pour qu’on lui propose ce rôle de femme au bout du rouleau, qu’on chasse de chez elle, de son noble boulot, une femme de 60 ans, fâchée avec son fils, médecin lui aussi… rien que ça, je ne me souviens pas avoir vu au cinéma une femme médecin, fâchée ou pas, confronté à son fils médecin.
La rivalité que cela implique, le chagrin d’orgueil que cela produit.
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