Un repas confidentiel à 250 euros au milieu du potager de l'Hôtel de Crillon: quelques mois après l'arrivée du chef étoilé Alan Taudon, la transformation gastronomique du palace parisien est déjà un succès
À l’Hôtel de Crillon, les salons historiques, le bar des Ambassadeurs, les suites et les célèbres balcons sont certes connus et admirés, mais, au deuxième étage, derrière l’agitation feutrée de ce palace historique, se cache un autre décor, à l’abri des regards. Direction une terrasse discrète, jusque-là inaccessible au public, où s’épanouit un charmant potager d’aromatiques. Quelques herbes, des végétaux, le calme des hauteurs et, en contrebas, Paris.
C’est dans ce cadre bucolique que le chef Alan Taudon a choisi d'écrire la première page de son nouveau chapitre à l’Hôtel de Crillon. Annoncée avec discrétion et encore principalement connue des initiés, son arrivée marque un tournant important pour le palace. Depuis le 1er juin 2026, Alan Taudon y officie en tant que chef exécutif, succédant ainsi à Boris Campanella.
Un changement qui en accompagne un autre, puisque Xavier Thuizat , meilleur sommelier de France, a lui aussi quitté l’établissement en décembre dernier. Avant de rejoindre le Crillon, Alan Taudon dirigeait les cuisines de L’Orangerie, le restaurant doublement étoilé du Four Seasons Hotel George V. Il y a depuis été remplacé par le chef Bertrand Noeureuil.
Cet espace extérieur, que l’hôtel gardait jusqu’ici à l’écart des parcours habituels, est devenu l’une des expériences gastronomiques les plus exclusives de la capitale. Ici, pas de vaste salle de restaurant, pas de brigade en spectacle, pas même de nappe, mais "seulement" une table pour quatre à six convives, pas plus.
Dans ce cadre intimiste, Alan Taudon propose une cuisine contemporaine, précise et épurée, guidée par les saisons, le végétal et les notes iodées. Le produit reste au centre de chaque assiette. Quant au potager qui entoure les convives, il est bien plus qu’un décor : ses herbes et ses aromates mettent en lumière une cuisine fondée sur la fraîcheur, la justesse et l’équilibre des saveurs.
Initialement prévu du 12 juin au 25 juillet, cette expérience culinaire a d’ailleurs été prolongée, avec de nouvelles dates du 27 août au 25 septembre. Un franc succès qui témoigne de l’appétit du public pour ces formats gastronomiques plus intimes et expérientiels.
A noter que le prix participe également à l’attractivité de ce précieux dîner. En effet, le menu en cinq temps est proposé à 250 euros par personne, auxquels peuvent s’ajouter 140 euros pour l’accord mets et vins.
Une somme conséquente, certes, mais qui demeure mesurée au regard du degré d’exclusivité, de la prestation et du cadre offert par l’un des plus prestigieux palaces parisiens. A titre de comparaison, le prix moyen d’un dîner dans un palace parisien avoisine généralement 350 euros par personne, hors boissons.
Cette nouvelle expérience exclusive s’inscrit dans l’histoire d’un palace qui n’a jamais cessé de se réinventer. En effet, édifié au XVIIIe siècle avant de devenir un hôtel en 1909, ce bâtiment de la place de la Concorde a traversé les bouleversements de Paris et les mutations du monde hôtelier.
Le Crillon a notamment connu les heures fastes de l’entre-deux-guerres, avant d’être réquisitionné par les forces allemandes pendant la Seconde Guerre mondiale.
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