Vingt guérilleros colombiens, dont 4 adolescents, tués dans les premiers bombardements du nouveau gouvernement
Deux adolescents de 15 ans et deux autres de 16 ans sont morts lundi 31 août 2026 en Colombie dans des frappes aériennes de l’armée en Amazonie et à la frontière avec le Venezuela, où des groupes armés se disputent les revenus du narcotrafic, de l’exploitation minière illégale et de l’extorsion.
L’information a été révélée à l’ Agence France-Presse (AFP) par l’autorité médico-légale colombienne.
« Les bandits qui, pendant des décennies, ont recruté des mineurs pour en faire des combattants ou des boucliers humains doivent payer pour ces crimes qui violent le droit humanitaire » , a déclaré lundi matin sur X le président colombien, Abelardo de la Espriella.
Le dirigeant de droite dure est arrivé au pouvoir le 7 août en promettant une lutte sans merci contre les guérillas et les narcotrafiquants, avec le soutien de ses alliés, les États-Unis et Israël.
Les frappes ordonnées depuis par son gouvernement ont fait au moins 26 morts.
Ces opérations militaires ont visé la guérilla de l’Armée de libération nationale (ELN) dans la région du Catatumbo (nord-est), à la frontière avec le Venezuela.
Mais aussi, dans le département du Guaviare (sud), une dissidence des ex-Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) qui a refusé de signer l’accord de paix historique avec l’État en 2016.
L’an dernier, 428 cas de recrutement de mineurs par des groupes armés ont été recensés, selon le Bureau de la défenseure du peuple, chargé de défendre les droits des citoyens. Au 31 juillet de cette année, on en comptait 97.
Ces chiffres sont largement inférieurs à la réalité, selon les organismes de défense des droits humains.
La semaine dernière, Human Rights Watch a fustigé le rôle joué par les réseaux sociaux dans l’enrôlement des enfants, jugeant Facebook et TikTok incapables d’empêcher la diffusion de contenus produits par les groupes armés en Colombie.
L’ONG a comptabilisé 1 500 cas de recrutements d’enfants ou d’adolescents depuis 2021, sur la base de chiffres officiels.
Les groupes armés qui enrôlent ces jeunes, par la force ou par la persuasion, leur confient des missions de logistique, de renseignement mais aussi parfois de combat, les utilisant comme « chair à canon » , dénonce HRW.
M. de la Espriella a évoqué lundi un troisième bombardement, également dans le Guaviare, visant une autre faction dissidente des Farc dirigée par Ivan Mordisco, le guérillero le plus recherché de Colombie. La frappe a fait huit morts. On ignore si des mineurs figurent parmi les victimes.
La Colombie connaît sa pire vague de violence depuis dix ans, en raison des affrontements entre groupes armés qui cherchent à étendre leur territoire et des attaques visant les forces de l’ordre.
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