"Nouvelle aristocratie de l’information" : menacée par le déploiement de l'IA de Google, la presse se rebiffe
En France, l’outil de recherche de Google traite plus de 88 % des requêtes des internautes. Mais depuis le 22 juillet, il leur propose d’abord des « Aperçus IA » rédigés par Gemini, son intelligence artificielle, avant de les renvoyer vers les sites de presse. Redoutant de perdre un tiers de leur trafic, les éditeurs d’informations générales ont porté plainte devant l’Autorité de la concurrence. Un combat existentiel s’engage.
L es médias tricolores vont-ils mordre la poussière, sacrifiés par le géant américain Google sur l’autel de son inexorable stratégie IA ? En France, depuis le 22 juillet dernier, lorsqu’un internaute lance une requête sur le moteur de recherche Google Search, celle-ci lui revient chapitrée par des « aperçus IA » générés par Gemini, l’intelligence artificielle de Google qui affiche déjà un milliard d’utilisateurs au compteur. L'« AI Mode » lui propose même de converser indéfiniment avec Gemini. Ainsi, sur Google Search, les fameux liens qui renvoient directement vers les sites de presse sont relégués plus bas. Même lorsqu’ils ont nourri abondamment la prose de Gemini, qui éventuellement les cite.
« Ce passage en force, bourrin, au cœur de l’été est incompréhensible , tonne le député démocrate du Finistère Erwan Balanant, auteur et rapporteur d’un projet de loi adopté à l’unanimité à l’Assemblée nationale comme au Sénat le 16 juin, qui doit contraindre justement les Gafam à négocier avec la presse quand ils l'utilisent pour déployer leurs IA. Google a-t-il voulu devancer la promulgation de cette loi qui sera approuvée en commission mixte paritaire (CMP) fin septembre ? En agissant de la sorte, ce géant donne l’impression d’avoir une stratégie mercantile, ignorant le rôle clé que joue la presse dans nos démocraties. C’est une bataille civilisationnelle ! »
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